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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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Fenelon.

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encore sensible ä mes maux? Netes-vous point au rang des amesheureuses qui jouissent de leur vertu, et ä qui les dieux donnent desplaisirs purs dans une eternelle paix aux Champs Elysees? Parlez,Mentor, vivez-vous encore? Suis-je assez heureux pour vous posseder,ou bien nest-ce quune ombre de mon ami? En disant ces paroles, jecourais vers lui tout transporte jusquaperdre larespiration: ilmatten-dait tranquillement sans faire un pas vers moi. 0 dieux! vous lesavez, quelle fut ma joie, quand je sentis que mes mains le touchaient.Non, ce nest pas une vaine ombre; je le tiens, je lembrasse, mon eherMentor: cest ainsi que je mecriai; jarrosai son visage dun torrentde larmes, je demeurais attache ä son cou sans pouvoir parier. II meregardait tristement avec des yeux pleins dune tendre compassion.

Eufin je lui dis: Helas! dou venez-vous? En quels dangers nemavez-vous point laisse pendant votre absence? et que ferais-je main-tenant sans vous? Mais sans repondre a mes questions: Fuyez, medit-il dun ton terrible; fuyez, hätez-vous de fuir! Ici la terre ne portepour fruit que du poison; lair quon respire est empeste; les hommescontagieux ne se parlent que pour se communiquer un venin mortel.La volupte lache et infame, qui est le plus horrible des maux sortisde la holte de Pandore, amollit les coeurs, et ne souffre ici aucunevertu. Fuyez, que tardez-vous? ne regardez pas meme derriere vousen fuyant; effacez jusques au moindre souvenir de cette Ile execrable.

II dit, et aussitot je sentis comme un nuage epais qui se dissipaitsur mes yeux, et qui me laissait voir la pure lumiere: une joie douceet pleine dun ferme courage renaissait dans mon coeur. Cette joieetait bien differente de cette autre joie molle et folätre dont mes sensavaient ete empoisonnes: lune est une joie divresse et de trouble, quiest entrecoupee de passions furieuses, et de cuisants remords; lautreest une joie de raison, qui a quelque chose de bien heureux et deceleste; eile est toujours pure et egale; rien ne peut lepuiser: plus onsy plonge, plus eile est douce; eile ravit lame sans la troubler. Alorsje versai des larmes de joie, et je trouvais que rien netait si doux quede pleurer ainsi. 0 heureux, disais-je, les hommes a qui la vertu sernontre dans toute sa beaute! Peut-on la voir sans laimer? Peut-onlaimer sans etre heureux?

Mentor me dit: II faut queje vous quitte; je pars dans ce moment:il ne mest pas pernds de marreter. allez-vous donc, lui repondis-je? En quelle terre inliabitable ne vous suivrai-je point? Ne croyezpas pouvoir mechapper; je mourrai plutöt sur vos pas. En disant cesparoles, je le tenais serre de toute ma force. Cest en vain, me dit-il,que vous esperez de me retenir. Le cruel Metophis me vendit a desEthiopiens ou Arabes. Ceux-ci etant alles ä Damas en Syrie pourleur commerce, voulurent se defaire de moi, croyant en tirer une grandesomme dun uomme Hazael, qui cherchait un esclave grec, pour con-naitre les moeurs de la Grece et pour sinstruire de nos Sciences. En