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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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Fenelon.

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Hazael me regardant avec un visage doux et humain, me tendit lamain et me releva. Je nignore pas, me dit-il, la sagesse et la vertudl'lysse: Mentor ma raconte souvent quelle gloire il a acquise parmiles Grecs; et dailleurs la prompte renommee a fait entendre son nomä tous les peuples dOrient. Suivez-moi, fils dUlysse, je serai votrepere jusquä ce que vous ayez retrouve celui qui vous a donne la vie.Quand meine je ne serais pas touche de la gloire de votre pere, de sesmalheurs et des vötres, lamitie que jai pour Mentor mengagerait aprendre soin de vous. II est vrai que je lai achete comme esclave,mais je le garde comme un ami fidele: largent quil ma coüte, maacquis le plus eher et le plus precieux ami que jaie sur la terre. Jaitrouve en lui la sagesse; je lui dois tout ce que jai damour pour lavertu. Des ce moment il estlibre, vous le serez aussi; je ne vousdemande a lun et k lautre que votre coeur.

En un instant je passai de la plus amere douleur k la plus vicejoie que les morteis puissent sentir. Je me voyais sauve dun horribledanger; je mapprochais de mon pays; je trouvais un secours pour yretourner; je goütais la consolation detre aupres dun homme quimaimait dejä par le pur amour de la vertu: enfin je trouvais tout enretrouvant Mentor pour ne le plus quitter.

Hazael savance sur le bord du rivage; nous le suivons, on entredans le vaisseau, les rameurs fendent les ondes paisibles. Un zephyrleger se joue dans nos voiles; il anime tout le vaisseau et lui donne undoux mouvement. Lile de Cypre disparait bientöt. Hazael, qui avaitimpatience de connaitre roes sentiments, me demanda ce que je pensaisdes moeurs de cette ile. Je lui dis ingenument ä quels dangers majeunesse avait ete exposee, et le combat que javais souffert au-dedansde moi. Il fut touche de mon horreur pour le vice, et dit ces paroles:O Venus, je reconnais votre puissance et celle de votre fils; jai brülöde lencens sur vos autels; mais souft'rez que je deteste linfäme mollessedes habitants de votre ile et limpudence brutale avec laquelle ilscelebrent vos fetes.

Ensuite il sentretenait avec Mentor de cette premiere puissancequi a forme le ciel et la terre; de cette lumiere infinie, immuable, quise donne k tous sans se partager; de cette verite souveraine et uni-verselle , qui eclaire tous les esprits, comme le soleil eclaire tous lescorps. Celui, ajoutait-il, qui na jamais vu cette lumiere pure, estaveugle comme un aveugle-ne: il passe sa vie dans une profonde nuit,comme les peuples que le soleil neclaire point pendant plusieurs moisde lannee. Il croit etre sage, et il est insense; il croit tout voir, et ilne voit rien, il meurt, nayant jamais rien vu; tout au plus il aper^oitde sombres et fausses lueurs, de vaines ombres, des fantomes qui nontrien de reel. Ainsi sont tous les hommes entraines par le plaisir dessens et par le charme de limagination. Il ny a point sur la terre deveritables hommes, excepte ceux qui consultent, qui aiment, qui sui-