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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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XVIII. Jahrhundert.

ducats pour faire ton voyage, avec ma mule qui vant bien dix a douzepistoles; 1 tu Ia vendras k Salamanque, et tu en emploieras largent ätentretenir jusqua ce que tu sois place.

II ne pouvait rien proposer qui me fut plus agreable; car je mou-rais denvie de voir le pays. Cependant jeus assez de force sur rnoipour cacher ma joie, et lorsquil fallut partir, ne paraissailt sensiblequä Ia douleur de quitter un oncle k qui javais tant dobligations,jattendris le bon homme, qui me donna plus dargent quil ne menaurait donne sil eüt pu lire au fond de mon ame. Avant mon depart,jallai embrasser mon pere et ma mere, qui ne mepargnerent pas lesremontrances. 11s mexhorterent ä prier Dieu pour mon oncle, ä vivreen honnete homme, ä ne me point engager dans de mauvaises affaires,et sur toutes choses, ä ne pas prendre le bien dautrui. Apres quilsmeurent tres longtemps harangue; ils me firent present de leur bene-diction, qui etait le seul bien que jattendais deux. Aussitot je montaisur ma mule, et sortis de la ville.

C h a p. II.

Des aiarmes quil eut en allant ä Pennaflor: de ce quil fit enarrivant dans cette ville, et avec quel homme il soupa.

Me voilä donc hors dOviedo, sur le chemin de Pennaflor, aumilieu de la Campagne, maitre de mes actions, dune mauvaise mule etde quarante bons ducats. La premiere chose que je fis, fut de laisserma mule aller k discretion, cest-a-dire au petit pas. Je lui mis labride sur le cou, et, tirant de ma poche mes ducats, je commengai äles compter et recompter dans mon chapeau. Je navais jamais vu tantdargent, je ne pouvais me lasser de le regarder et de le manier. Je lecomptais peut-etre pour la vingtieme fois, quand tout k coup ma mule,levant la tete et les oreilles, sarreta au milieu du grand chemin. Jejugeai que quelque chose leffrayait; je regardai ce que ce pouvait etre.Japergus sur la terre un chapeau renverse, sur Iequel il y avait unrosaire a gros grains, et en meme temps jentendis une voix lamentablequi prononga ces paroles: Seigneur passant, ayez pitie, de grace, dunpauvre Soldat estropie; jetez, sil vous plait, quelques pieces dargentdans ce chapeau, vous en serez recompense dans lautre monde. Jetournai aussitot les yeux du cote que partait la voix; je vis au pieddun buisson, a vingt ou trente pas de moi, une espece de soldat, qui,sur deux bätons croises, appuyait le bout dune escopette qui me parutplus longue quune pique, et avec laquelle il me couchait en joue. Acette vue, qui me fit trembler pour le hien de leglise, je marretai toutcourt; je serrai promptement mes ducats; je tirai quelques reaux, 2 et,

1 Eine spanische Pistole beträgt etwas über fünf Gulden.

2 Ein silberner Real beträgt etwas über drei Groschen, ein kupferner den dritten Theil.