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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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XVIII. Jahrhundert.

y avait dans lexterieur des ecclesiastiques! Us me parurent de saintspersonnages, tant le lieu jetais tenait mon esprit en respect. 11 neme vint pas seulement en pensee que cetait de Ia fausse monnaie;eomme si lon nen pouvait pas voir chez les princes de leglise.

Jetais assis aupres dun vieux valet de ch'ambre, nomme Melchiorde la Ronda. II prenait soin de me servir de bons morceaux. Latten-tion quil avait pour moi men donna pour lui, et ma poiitesse le cbarma.Seigneur cavalier, me dit-il tout bas apres le diner, je voudrais bienavoir une conversation particuliere avec vous. En meine temps, il memena dans un endroit du palais personne ne pouvait nous entendre.Et il me tint ee discours: Mon fils, des le premier instant que jevous ai vu, je me suis senti pour vous de linclination. Je veux vousen donner une marque certaine, en vous faisant une confidence qui voussera dune grande utilite. Vous etes ici dans une maison les vraiset les faux devots vivent pele-mele. Il vous faudrait un temps infinipour connaitre le terrain. Je vais vous epargner une si longue et sidesagreable etude, en vous decouvrant les caracteres des uns et desautres; apres cela, vous pourrez facilement vous conduire.

Je commencerai, poursuivit-il, par Monseigneur. Cest un prelatfort pieux, qui soccupe sans cesse ä edifier le peuple, ä le porter ä lavertu par des sermons pleins dune morale excellente, quil composelui-meme. Il a depuis vingt annees quitt6 la cour pour sabandonnerentierement au zele quil a pour son troupeau: cest un savant per-sonnage, un grand orateur. Il met tout son plaisir ä precher, et sesauditeurs sont ravis de lentendre. Peut-etre y a-t-il un peu de vanitödans son fait; mais outre que ce nest point aux hommes ä penetrerles coeurs, il me sierait mal deplucher les defauts dune personne dontje mange le pain. Sif metait permis de reprendre quelque chose dansmon maitre, je blämerais sa severite; au lieu davoir de lindulgencepour les faibles ecclesiastiques, il les punit avec trop de rigueur. Ilpersecute surtout sans misericorde ceux qui, comptant sur leur inno-cence, entreprennent de se justifier juridiquement au mepris de sonautorite. Je lui trouve encore un autre defaut, qui lui est commun avecbien des personnes de qualite. Quoiquil aime ses domestiques, il nefait aucune attention ä leurs Services. Il les laissera vieillir dans samaison, sans songer ä leur procurer quelque etablissement. Si quelque-fois il leur fait des gratifications, ils ne les doivent quü la bonte dequelquun qui aura parle pour eux. Il ne saviserait jamais de lui-meme de leur faire le moindre bien.

Voila ce que le vieux valet de chambre me dit de son maitre; ilme dit apres cela ce quil pensait des ecclesiastiques avec qui nousavions dine; il men fit des portraits qui ne saccordaient guere avecleur maintien. Il ne me les donna pas a la verite pour des mal-honnetes gens, mais seulement pour dassez mauvais pretres. 11 enexcepta pourtant quelques-uns dont il me vanta fort la vertu. Je ne