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XVIII. Jahrhundert.
sonne qui n’en soit charme. Neanmoins, puisque vous m’avez recom-mandü d’etre franc et sincere, je prendrai la liberte de vous dire quevotre dernier discours ne me parat pas tout ä fait de la force desprecedents. Ne pensez-vous pas cela comme moi?
Ces paroles firent pälir mon maitre, qui me dit avec un sourisforce: Monsieur Gil Blas, cette piece n’est donc pas de votre goüt? Jene dis pas cela, monseigneur, interrompis-je tout deconcerte, je latrouve excellente, quoique un peu au-dessous de vos autres ouvrages.Je vous entends, repliqua-t-il, je vous parais baisser, n’est-ce pas?Tranchez le mot. Vous croyez qu’il est temps que je songe a la re-traite. Je n’aurais pas ete assez hardi, lui dis-je, pour vous parier silibrement, si votre grandeur ne me l’eüt ordonne. Je ne fais donc quelui obeir, et je la supplie tres humblement de ne me point savoirmauvais gre de ma hardiesse. A Dieu ne plaise, interrompit-il avecprecipitation, ä Dieu ne plaise que je vous la reproche. II faudrait queje fusse bien injuste. Je ne trouve point du tout mauvais que vous medisiez votre sentiment; c’est votre sentiment seul que je trouve mau-vais. J’ai ete furieusement la dupe de votre intelligence bornee.
Quoique demonte, je voulus chercher quelque modification pourrajuster les choses; mais le moyen d’apaiser un auteur irrite, et deplus un auteur accoutume a s’entendre louer? N’en parlons plus, dit—il, mon enfant. Vous etes encore trop jeune pour demeler le vrai dufaux. Apprenez que je n’ai jamais compose de meilleure homelie quecelle qui a le malheur de n’avoir pas votre approbation. Mon esprit,graces au ciel, n’a encore rien perdu de sa vigueur. Desormais jeclioisirai mieux mes confidents. J’en veux de plus capables que vousde decider. Allez, poursuivit-il, en me poussant par les epaules horsde son cabinet, allez dire a mon tresorier qu’il vous compte cent du-cats, et que le ciel vous conduise avec cette somme. Adieu, monsieurGil Blas; je vous souhaite toutes sortes de prosperites avec un peuplus de goüt.
Montesquieu.
Charles de S4condat, Baron de la Brede et de Montesquieu,Präsident des Parlaments zu Bordeaux, war 1689 auf dem Schlosse Brede beiBordeaux geboren. Früh entwickelte sich sein philosophischer Geist. Schonin einem Alter von zwanzig Jahren sammelte er Materialien zu seinem Espritdes Lots. Dieses Werk, das 1748 herauskam, kann man das Gesetzbuch desVölkerrechtes, und den. Verfasser den Gesetzgeber des Menschengeschlechtsnennen.