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XVIII. Jahrhundert.
la liberte etaient surs d’etre proscrits par celui des deux qui serait levainqueur. II etait donc de la prudence de s’attacher ä Tun des deux.
II vint apres lui, dit Ciceron, un homme qui, dans une cause irapieet une victoire encore plus lionteuse, ne confisqua pas seulement lesbiens des particuliers, mais enveloppa dans la meine calamite des pro-vinces entieres.
Sylla, quittant la dictature, avait semble ne vouloir vivre que sousla protection de ses lois memes: mais cette action, qui marqua tant demoderation, etait elle-meme une suite de ses violences. II avait donnedes Etablissements k quarante-sept legions dans divers endroits del’Italie.' Ces gens-lü, dit Appien, regardant leur fortune commeattachee ä sa vie, veillaient a sa surete, et etaient toujours prets ä lesecourir ou k le venger . 1
La republique devant necessairement perir, il n’etait plus questionque de savoir comment et par qui eile devait etre abattue.
Deux hommes egalement ambitieux, excepte que l’un ne savaitpas aller ä son but si directement que l’autre, effacerent par leur credit,par leurs exploits, par leurs vertus, tous les autres citoyens. Pompeeparut le premier; Cesar le suivit de pres.
Pompee, pour s’attirer la faveur, fit casser les lois de Sylla quibornaient le pouvoir du peuple; et, quand il eut fait ä son ambition unsacrifice des lois les plus salutaires de sa patrie, il obtint tout ce qu’ilvoulut, et la temerite du peuple fut saus bornes ä son egard.
Les lois de Rome avaient sagement divise la puissance publiqueen un grand nombre de magistratures, qui se soutenaient, s’arretaientet se temperaient l’une l’autre; et, comme elles n’avaient toutes qu’uupouvoir borne, chaque citoyen etait bon pour y parvenir; et le peuple,voyant passer devant lui plusieurs personnages l’un apres l’autre, nes’accoutumait a aucun d’eux. Mais, dans ces temps-ci, le Systeme dela republique changea: les plus puissants se firent donner par le peupledes commissions extraordinaires; ce qui aneantit l’autorite du peupleet des magistrats, et mit toutes les grandes affaires dans les mainsd’un seul ou de peu de gens . 2
Fallut-il faire la guerre ä Sertorius, on en donna la commissiona Pompee. Fallut-il la faire a Mithridate, tout le monde cria Pompee.Eut-on besoin de faire venir des bles ä Rome, le peuple croit etreperdu si on n’en Charge Pompee. Yeut-on detruire les pirates, il n’ya que Pompee. Et lorsque Cesar menace d’envahir, le Senat crie ä sontour, et n’espere plus qu’en Pompee.
„Je crois bien (disait Marcus au peuple) que Pompee, que lesnobles attendent, aimera mieux assurer votre liberte que leur domina-
1 On peut voir ce qui arriva apres ia mort de Cesar.
* Plebis opes imminutae, paucorum potentia crevit. Salluste, de Conjurat. Catil.cap. 39.