Buch 
Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
Entstehung
Seite
105
JPEG-Download
 

Montesquieu.

105

tion: mais il y a en un temps chacun de vous devait avoir la pro-tection de plusieurs, et non pas tous la protection dun seul, et iletait inoui quun mortel püt donner ou öter de pareilles choses.

A Rome, faite pour sagrandir, il avait fallu reunir dans les memespersonnes les honneurs et la puissance; ce qui, dans des temps detrouble, pouvait fixer ladmiration du peuple sur un seul citoyen.

Quand on accorde des honneurs, on sait precisement ce que londonne; mais quand on y joint le pouvoir, on ne peut dire a quel pointil pourra etre porte.

Des preferences excessives donnees a un citoyen dans une repu-blique ont toujours des effets necessaires; eiles font naitre lenvie dupeuple, ou elles augmentent sans mesure son amour.

Deux fois Pompee, retournant a Rome, maitre dopprimer la re-publique, eut la moderation de congedier ses armees avant que dyentrer, et dy paraitre en simple citoyen. Ces actions, qui le comblerentde gloire, firent que dans la suite, quelque chose quil eut fait au pre-judice des lois, le senat se declara toujours pour lui.

Pompee avait une ambition plus lente et plus douce que celle deCesar. Celui-ci voulait aller a la souveraine puissance les armes k lamain, comme Sylla. Cette fa<jon dopprimer ne plaisait point äPompee:il aspirait k la dictature, mais par les suffrages du peuple; il ne pouvaitconsentir k usurper la puissance, mais il aurait voulu quon la lui reimtentre les mains.

Comme la faveur du peuple nest jamais constante, il y eut destemps Pompee vit diminuer son credit; et, ce qui le toucha biensensiblement, des gens quil meprisait augmenterent le leur, et senservirent contre lui.

Cela lui fit faire trois choses egalement funestes: il corrompit lepeuple a force dargent et mit dans les elections un prix aux suffragesde chaque citoyen.

De plus, il se servit de la plus vile populace pour troubler lesmagistrats dans leurs fonctions, esperant que les gens sages, lasses devivre dans lanarchie, le creeraient dictateur par desespoir.

Enfin il sunit dinterets avec Cesar et Crassus. Caton disait quece netait pas leur inimitiö qui avait perdu la republique, mais leur Union.En effet Rome etait en ce mallieureux etat quelle etait moins accableepar les guerres civiles que par la paix, qui, reunissant les vues et lesintürets des principaux, ne faisait plus quune tyrannie.

Pompee ne preta pas proprement son credit ä Cesar; mais, sansle savoir, il le lui sacrifia. Bientöt Cesar employa contre lui les forcesquil lui avait donnöes, et ses artifices memes: il troubla la ville parses emissaires, et se rendit maitre des elections; consuls, preteurs,tribuns, furent achetes au prix quils mirent eux-memes.

Le senat, qui vit clairement les desseins de Cesar, eut reeours kPompee; il le pria de prendre la defense de la röpublique, si lon