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XVIII. Jahrhundert.
lippe V., d’abord apres les guerres civiles ponr la succession, ont montreen Sicile une force qui a etonne l’Europe: et nous voyons aujourd’huila Perse renaitre des cendres de la guerre civile, et humilier les Turcs.
Erifin la republique fut opprimee: et il n’en faut pas accuserl’ambition de quelques particuliers; il faut en accuser l’homme, toujoursplus avide du pouvoir ä mesure qu’il en a davantage, et qui ne desiretout que parcequ’il possede beaucoup.
Si Cesar etPompee avaient pense comme Caton, d’autres auraientpense comme firent Cesar etPompee; et la republique, destinee ä perir,aurait ete entrainee au precipice par une autre main.
Cesar pardonna ä tout le monde: mais il ine semble que lamode-ration que l’on montre apres qu’on a tout usurpe ne merite pas degrandes louanges.
Quoi que l’on ait dit de sa diligence apres Pharsale , 1 Ciceronl’accuse de lenteur avec raison. Il dit ä Cassius qu’ils n’auraient jamaiscru qae le parti de Pompee se füt ainsi releve en Espagne et en Afrique,et que, s’ils avaient pu prevoir que Cesar se fut amuse ä sa guerred’Alexandrie, ils n’auraient pas fait leur paix et qu’ils se seraientretires avec Scipion et Caton en Afrique. Ainsi un fol amour 2 lui fitessuyer quatre guerres; et, en ne prevenant pas les deux dernieres, ilremit en question ce qui avait ete decide ä Pharsale.
Cesar gouverna d’abord sous des titres de magistratures, car leshommes ne sont guere touches que des nnns. Et comme les peuplesd’Asie abhorraient ceux de consul et de proconsul, les peuples d’Europedetestaient celui de roi; de sorte que, dans ces temps-la, ces nomsfaisaient le bonheur ou le desespoir de toute la terre. Cesar ne laissapaS de tenter de se faire mettre le diademe sur la tete: mais, voyantque le peuple cessait ses acclamations, il le rejeta. Il fit encore d’autrestentatives : 3 et je ne puis comprendre qu’il put croire que les Romains,pour le souffrir tyran, aimassent pour cela la tyrannie, ou crussentavoir fait ce qu’ils avaient fait.
Un jour que le senat lui deferait de certains honneurs, il negligeade se lever; et pour lors les plus graves de ce corps acheverent deperdre patience.
On n’offense jamais plus les hommes que lorsqu’on choque leursceremonies et leurs usages. Cherchez ä les opprimer, c’est quelquefoisune preuve de l’estime que vous en faites; choquez leurs coutumes,c’est toujours une marque de mepris.
Cesar, de tout temps ennemi du senat, ne put cacher le meprisqu’il con^ut pour ce corps, qui etait devenu presque ridicule depuisqu’il n’avait plus de puissance: par la sa clemence meine fut insultante.On regarda qu’il ne pardonnait pas, mais qu’il dedaignait de punir.
1 Wo Cäsar den Pompejus besiegte.
2 Für Cleopatra, Königin von Aegypten.
3 II cassa les tribuns du peuple.