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XVÜI. Jahrhundert.
ni citoyen, ni ami, ni bienfaiteur, ni pere: la vertu semblait s’oublierpour se surpasser elle-meme; et l’action qu’on ne pouvait d’abordapprouver, parce qu’elle etait atroce, eile la faisait admirer commedivine.
En effet le crime de Cesar, qui vivait dans un gouvernement libre,n’etait-il pas hors d’etat d’etre puni autrement que par un assassinat?Et demander pourquoi on ne l’avait pas poursuivi par la force ouverteou par les lois, n’etait-ce pas demander raison de ses crimes?
Chap. XII.
De l’etat de Rome apres la mort de Cesar.
II etait tellement impossible que la republique püt se retablir,qu’il arriva, ce qu’on n’avait jamais encore vu, qu’il n’y eut plus detyran, et qu’il n’y eut pas de liberte; car les causes qui l’avaientdetruite subsistaient toujours.
Les conjures n’avaient forme de plan que pour la conjuration, etn’en avaient point fait pour la soutenir.
Apres l’action faite ils se retirerent au capitole: le Senat nes’assembla pas; et, le lendemain, Lepidus, qui cherchait le trouble, sesaisit avec des gens armes de la place romaine.
Les soldats veterans, qui craignaient qu’on ne repetät les donsimmenses qu’ils avaient regus, entrerent dans Rome: cela fit que lesenat approuva tous les actes de Cesar, et que, conciliant les extremes,il accorda une amnistie aux conjurds; ce qui produisit une fausse paix.
Cesar, avant sa mort, se preparant ä son expedition contre lesParthes, avait nomme des magistrats pour plusieurs annees, afin qu’ileut des gens ä lui qui maintinssent dans son absence la tranquillite deson gouvernement: ainsi, apres sa mort, ceux de son parti se sentirentdes ressources pour longtemps.
Comme le sdnat avait approuve tous les actes de Cesar sansrestriction, et que l’execution en fut donnee aux consuls, Antoine, quil’etait, se saisit du livre des raisons 1 de Cesar, gagna son secretaire,et y fit ecrire tout ce qu’il voulut: de maniere que le dictateur regnaitplus imperieusement que pendant sa vie; car, ce qu’il n’aurait jamaisfait, Antoine le faisait; l’argent qu’il n’aurait jamais donne, Antoinele donnait; et tout homme qui avait de mauvaises intentions contre larepublique trouvait soudain une recompense dans les livres de Cesar.
Par un nouveau malheur, Cesar avait amasse pour son expeditiondes sommes immenses, qu’il avait mises dans le temple d’Ops: An-toine, avec son livre, en disposa 4 sa fantaisie.
Les conjurds avaient d’abord resolu de jeter le corps de Cesar
1 Hauptbuch; tvorin bemerkt war, was auf seinen Befehl vollzogen werden sollte.