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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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Voltaire.

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des affaires au conseiller Piper, qui fut bientot son premier ministresans en avoir le nom. Peu de jours apres il le fit comte, ce qui estune qualite eminente en Suede, et non un vain titre quon puisseprendre sans consequenoe comme en France»

Les premiers temps de ladministration du roi ne donnerent. pointde lui des idees favorables; il parut quil avait ete plus impatient quedigne de regner. Il navait a la verite aucune passion dangereuse;mais on ne voyait dans sa conduite que des emportements de jeunesse,et de lopiniätrete; il paraissait inapplique et hautain; les ambassa-deurs qni etaient ä sa cour le prirent meine ponr un genie mediocre,, et le peignirent tel a leurs maitres. La Suede avait de lui la meme| opinion: personne ne. connaissait son caractere; il lignorait lui-meme,! lorsque des orages formds tout a, coup dans le nord donnerent a sestalents Caches occasion de se deployer.

1 Trois puissants princes, voulant se prevaloir de son extreme

jeunesse, conspirerent sa ruine presque en meme temps. Le premierfut Frederic IV., roi de Danemarck, son cousin; le second, Auguste,electeur de Saxe, roi de Pologne; Pierre le Grand, czar de Moscovie,etait le troisieme, et le plus dangereux.

Les bruits de leurs preparatifs consternaient la Suede, etalarmaient le conseil. Les grands generaux etaient morts; on avaitj raison de tout craindre sous un jeune roi qui navait encore donnd de lui que de mauvaises impressions. Il nassistait presque jamais dansle conseil que pour croiser les jambes sur la table; distrait, indifferent,il navait paru prendre part a rien.

Le conseil delibera en sa presence sur le danger lon etait:quelques conseillers proposaient de detourner la tempete par des nego-ciations; tout dun coup le jeune prince se leve avec lair de gravite etdassurance dun komme superieur qui a pris son parti:Messieurs,dit-il, jai resolu de ne jamais faire une guerre injuste, mais de nenfinir une legitime que par la perte de mes ennemis. Ma resolution estprise; jirai attaquer le premier qui se declarera; et quand je lauraivaincu, jespere faire quelque peur aux autres. Ces paroles etonnerenttous ces vieux conseillers; ils se regarderent sans oser repondre. Enfin,etonnes davoir un tel roi, -et honteux desperer moins que lui, ils re-gurent avec admiration ses ordres pour la guerre.

On fut bien plus surpris encore quand on le vit renoncer tout dunj coup aux amusements les plus innocents de la jeunesse. Du momentj quil se prepara ä la guerre il commenga une vie toute nouvelle, dont; il ne sest jamais depuis ecarte un seul moment. Plein de lidee; dAlexandre et de Cesar, il se pxoposa dimiter tout de ces deux con-querants, hors leurs vices. Il ne connut plus ni magnificence, ni jeux,ni delassements; il reduisit sa table a, la frugalite la plus grande. Ilavait aime le faste dans les habits; il ne fut vetu depuis que comme unsimple soldat. On 1avait soupgonne davoir eu une passion pour une