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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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XVIII. Jahrhundert.

Plus grand de te servil - , que de regner moi-meme.

Quoi! tu ne me repouds que par de longs soupirs!

Ta grandeur fait ma joie, et fait tes deplaisirs!

Roi de Rome et du monde, est-ce a toi de te plaindre?Cesar peut-il gemir, ou Cesar peut-il craindre?

Qui peut ä ta grande ame inspirer la terreur?

Cesar.

Lamitie. Cher Antoine, il faut touvrir mon coeur.

Tu sais que je te quitte, et le destin mordonneDe porter pos drapeaux aux champs de Babylone.

Je pars, et vais venger sur le Parthe inhuinainLa honte de Crassus, et du peuple romain.

Laigle des legions que je retiens encore,

Demande ä senvoler vers les mers du Bospliore;

Et mes braves soldats nattendent pour signalQue de revoir mon front ceint du bandeau royal.Peut-etre avec raison Cesar peut entreprendreDattaquer un pays qua soumis Alexandre;

Peut-etre les Gaulois, Pompee et les RomainsYalent bien ces Persans subjugues par ses mains:

Jose au moins le penser, et ton ami se hatteQue le vainqueur du Rhin peut letre de lEuphrate.Mais cetespoir manime et ne maveugle pas:

Le sort peut se lasser de marcher sur mes pas;

La plus haute sagesse en est souvent trompee,

II peut quitter Cesar, ayant-trahi Pompee.

Et dans les factions, comme dans les combats,

Du triomphe a la chute il nest souvent quun pas.

Jai servi, commande, vaincu quarante annees;

Du monde entre mes mains jai vu les destinees;

Et jai toujours connu quen chaque evenementLe destin des etats dependait dun moment.

Quoi quil puisse arriver, mon coeur na rien a craindre;Je vaincrai sans orgueil, ou mourrai sans me plaindre.Mais jexige en partant de ta tendre amitieQu'Antoine ä mes enfants soit pour jamais li6;

Que Rome par mes mains defendue et conquise,

Que la terre ä mes fils, comme ä toi soit soumise;

Et quemportant dici le grand titre de roi,

Mon sang et mon ami le prennent apres moi.

Je te laisse aujourdhui ma volonte derniere;

Antoine, ä mes enfants il faut servir de pere.

Je ne veux point de toi demander des serments,

De la foi des humains sacres et vains garants;