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XVIII. Jahrhundert.
Qu’on applaudit en lui les vertus qu’il n’a pas.
Enfin, ne pouvant plus retenir sa colere,
II sort du capitole avec un front severe.
II veut que dans une heure on s’assemble au Senat:
Dans une heure, Brutus, Cesar change l’etat.
De ce senat sacre la moitie corrompueAyant achete Rome, ä Cesar l’a vendue :
Plus lache que ce peuple ä qui, dans son malheur,
Le nom de roi du moins fait encor quelque horreur,
Cesar, dejü trop roi, veut encor la couronne:
Le peuple la refuse, et le senat la donne.
Que faut-il faire enfin, heros qui m’ecoutez?
Cassius.
Mourir, finir des jours dans l’opprobre comptes.
J’ai traine les liens de mon indigne vie,
Tant qu’un peu d’esperance a fiatte ma patrie.
Yoici son dernier jour, et du moins CassiusNe doit plus respirer lorsque l’etat n’est plus.
Pleure qui voudra Rome, et lui reste fidele;
Je ne peux la venger, mais j’expire avec eile.
Je vais oü sont nos dieux. Pompee et Scipion, (en regardant
leurs statues)
II est temps de vous suivre, et d’imiter Caton.
Brutus.
Non, n’imitons personne, et servons tous d’exemple:
C’est nous, braves amis, que l’univers contemple;
C’est ä nous de repondre ä l’admirationQue Rome en expirant conserve ä notre nom.
Si Caton m’avait cru, plus juste en sa furie, .
Sur Cesar expirant il eut perdu la vie;
Mais il tourna sur soi ses innocentes mains;
Sa mort fut inutile au bonheur des humains;
Faisant tout pour la gloire, il ne fit rien pour Rome;
Et c’est la seule faute ou tomba ce grand homme.
Cassius.
Que veux-tu donc qu’on fasse en un tel desespoir?
Brutus (montrant le billet).
Voila ce qu’on m’ecrit, voila notre devoir.
Cassius.
On m’en ecrit autant, j’ai regu ce reproche.
Brutus.
C’est trop le meriter.