156
XVIII. Jahrhundert.
Ta funeste bonte qui fait aimer tes fers,
Et qui n’est qu’un appät pour tromper l’univers.
Cesar.
Ah! c’est ce qu’il fallait reprocher ä Pompee;
Par sa feinte vertu la tienne fut trompee:
Ce citoyeu superbe, ä Rome plus fatal,
N’a pas meine voulu Cesar pour son egal. ^
Crois-tu, s’il m’eüt vaincu, que cette auie hautaineEüt laisse respirer la liberte romaine?
Ah! sous un joug de fer il t’aurait accable.
Qu’eut fait Brutus alors?
Brutus.
Brutus l’eüt immole.
Cesar.
Voila donc ce qu’enfin ton grand coeur me destine?
Tu ne t’en defends point. Tu vis pour ma ruine,
Brutus!
Brutus.
Si tu le crois, previens donc ma fureur.
Qui peut te retenir?
Cesar. (II lui presente la lettre de Servilie.)
La nature, et mon coeur.
Lis, ingrat, lis, connais le sang que tu m’opposes;
Vois qui tu peux ha'ir; et poursuis, si tu l’oses.
Brutus.
Oü suis-je? Qu’ai-je lu? Me trompez-vous, mes yeux?Cesar.
Eh bien! Brutus, mon fils!
Brutus.
Lui, mon pere! grands dieux!
Cesar.
Oui, je le suis, ingrat! Quel silence farouche!
Que dis-je? Queis sanglots echappent de ta bouche?
Mon fils.Quoi, je te tiens muet entre mes bras!
La nature t’etonne, et ne t’attendrit pas!
Brutus.
0 sort epouvantable, et qui me desespere!
0 serments! 6 patrie! 6 Rome toujours chere!
Cesar! . . . Ah! malheureux j’ai trop longtemps vecu!Cesar.
Parle. Quoi! d’un remords ton coeur est combattu!