Buffon.
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Natur. Ueber BufFon als Schriftsteller gibt es nur Eine Stimme; in Ansehungder Erhabenheit des Standpunktes, von welchem er ausgeht, in Ansehung desmächtigon und gelehrten Ideenganges , der Majestät der Bilder, des edlen,wundervollen Ausdruckes, der Harmonie des Stils bei erhabenen Gegenstän-den, ist er vielleicht unerreicht geblieben. Er starb zuParis den 16. April 1788,einundachtzig Jahre alt. Er war von edler Gestalt, und einer würdevollenHaltung. Die geschätzteste Ausgabe seiner Naturgeschichte ist die von1749 bis 1788 in 36 Bänden erschienene.
La nature brüte et la nature cultivee.
La nature est le trone ext^rieur de la magnificence divine: l’hommequi la oontemple, qui l’etudie, s’eleve par degres au trone interieur dela toute-puissance; fait pour adorer le Createur, il commande k toutesles creatures; vassal du ciel, roi de la terre, il l’ennoblit, la peuple etl’enrichit; il 6tablit entre les etres vivants l’ordre, la Subordination,l’harmonie; il embellit la nature meine, il la eultive, l’etend et la polit,en elague le chardon et la ronce, y multiplie le raisin et la rose. Voyezces plages desertes, ces tristes contrees, oü l’homme n’a jamais reside,couvertes ou plutöt herissees de bois epais et noirs dans toutes lesparties elevees; des arbres sans ecorce et sans cime, courbes, rompus,tombant de vetuste; d’autres, en plus grand nombre, gisant aupres desPremiers, pour pourrir sur des monceaux dejä pourris, etouffent, en-sevelissent les germes prets a eclore. La nature, qui partout ailleursbrille par sa jeunesse, parait ici dans la decrepitude; la terre, sur-chargee par le poids, surmont^e par les debris de ces productions,n’offre, au lieu d’une verdure florissante, qu’un espace encombre, tra-verse de vieux arbres charges de plantes parasites, de licbens, d’agarics,fruits impurs de la corruption: dans toutes les parties basses, des eauxmortes et croupissantes, faute d’etre conduites et dirigees; des terrainsfangeux, qui, n’etant ni solides ni liquides, sont inabordables, et de-meurent egalement inutiles aux habitants de la terre et des eaux; desmarecages qui, couverts de plantes aquatiques et fetides, ne nourrissentque des insectes venimeux, et servent de repaires aux animaux immon-des. Entre ces marais infects qui occupent les lieux bas, et les foretsdecr^pites qui couvrent les terres elevees, s’etendent des especes delandes, des savanes qui n’ont rien de commun avec nos prairies ; lesmaavaises herbes y surmontent, y etouffent les bonnes: ce n’est pointce gazon fin qui semble faire le duvet de la terre, ce n’est point cettepelomse emaillee qui annonce sa brillante fecondite; ce sont des vege-taux agrestes, des herbes dures, epineuses, entrelacees les unes dansles autres, qui semblent moins tenir ä la terre qu’elles ne tiennententre elles, et qui, se dessechant et repoussant successivement les unes