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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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XVIII. Jahrhundert.

bientot; et, au bout de quelques semaines, voyant que je netais nimieux ni pis, je quittai le lit, et repris ma vie ordinaire, avec monbattement darteres et mes bourdonnements, qui, depuis ce temps-,cest-ä-dire depuis trente ans, ne mont pas quitte une minute.

Javais ete jusqualors grand dormeur. La totale privation dusommeil qui se joignit ä tous ces symptomes, et qui les a constammentaccompagnes jusquici, acheva de me persuader quil me restait peu detemps ä vivre. Cette persuasion me tranquillisa pour un temps sur lesoin de guerir. Ne pouvant prolonger ma vie, je resolus de tirer dupeu quil men restait tout le parti quil etait possible; et cela se pou-vait par une singuliere faveur de la nature, qui, dans un etat si funestemexemptait des douleurs quil semblait devoir mattirer. Jetais im-portune de ce bruit, mais je nen souffrais pas: il netait accompagnedaucune autre incommodite habituelle que de linsomnie durant lesnuits, et en tout temps dune courte haieine qui nallait pas jusquälasthme, et ne se faisait sentir que quand je voulais courir ou agirun peu fortement.

Cet accident, qui devait tuer mon corps, ne tua que mes passions,et jen benis le ciel chaque jour par lheureux effet quil produisit surmon ame. Je puis bien dire que je ne commemjai de vivre que quaudje me regardai comme un homme mort. Donnant leur verkable prixaux clioses que jallais quitter, je commen^ai de moccuper de soinsplus nobles, comme par anticipation sur ceux que jaurais bientot äremplir, et que javais fort negliges jusqualors. Javais souvent tra-vesti la religion a ma mode, mais je navais jamais ete tout ä fait sansreligion* IL men coüta moins de revenir a ce sujet si triste pour tantde gens, mais si doux pour qui sen fait un objet de consolation etdespoir. Maman me fut en cette occasion beaucoup plus utile que tousles theologiens ne me lauraient ete.

Elle qui mettait toute chose en Systeme, navait pas manque dymettre aussi la religion: et ce Systeme etait compose didees tres dis-parates, les unes tres saines, les autres tres folles; de sentimentsrelatifs ä son caractere, et de prejuges venus de son education. Engeneral, les troyants font Dieu comme ils sont eux-memes: les bonsle font bon, les mechants le font mechant; les devots haineux et bilieuxne voient que lenfer, parce quils voudraient damner tout le monde:les ames aimantes et douces ny croient guere; et Tun des etonnementsdont je ne reviens point, est de voir le bon Fe'nelon en parier, dansson Telemaque, comme sil y croyak tout de bon. Mais jespere quilmentait alors; car enfin, quelque veridique quon soit, il faut bienmentir quelquefois quand on est eveque. Maman ne mentait pas avecmoi; et cette ame sans fiel qui ne pouvait inxaginer un Dieu vindicatifet toujours courrouce, ne voyait que clemence et misericorde ob lesdevots ne voient que justice et punition. Elle disait souvent quil nyaurait point de justice en Dieu d'etre juste envers nous, parce que, ne