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XVIII, Jahrhundert.
meine ä tout cela; et ces petites occupations qui remplissaient majournee, sans troubler ma tranquillite, me valurent mieux qne le laitet tous les remedes pour conserver ma pauvre machine, et la retablirmeine autant que cela se pouvait.
Les vendanges, la recolte des fruits, nous amuserent le reste decette annee, et nous attacherent de plus en plus k la vie rustique aumilieu des bonnes gens dont nous ütions entoures. Nous vimes arriverl’hiver avec grand regret, et nous retournämes ä la ville comme nousserions alles en exil. Moi surtout, qui, doutant de revoir le printemps,croyais dire adieu pour toujours aux Charmettes, je ne les quittai passans baiser la terre et les arbres, et sans me retourner plusieurs foisen m’en eloignant. Ayant quitte depuis longtemps mes eeoliers, ayantperdu le goüt des amusements et des sociütes de la ville, je ne sortaisplus, je ne voyais plus personne, excepte maman, et M. Salomon, de-venu depuis peu son medeciu et le mien, honnete homme, hommed’esprit, grand cartesien, qui parlait assez bien du Systeme du monde,et dont les entretiens agreables et instructifs me valurent mieux quetoutes ses ordonnances. Je n’ai jamais pu supporter ce sot et niaisremplissage des conversations ordinaires; mais des conversations utileset solides m’ont toujours fait grand plaisir, et je ne m’y suis jamaisrefuse. Je pris beaucoup de goüt k celles de M. Salomon; il me sem-blait que j’anticipais avec lui sur ces liautes connaissances que moname allait acquerir quand eile aurait perdu ses entraves. Ce goüt quej’avais pour lui s’etendit aux sujets qu’il traitait, et je commengai derechercher les livres qui pouvaient m’aider a le mieux entendre. Ceuxqui melaient la devotion aux Sciences m’etaient les plus convenables;tels etaient particulierement ceux de l’Oratoire* et de Port-Royal. Jeme mis ä les lire ou plutot k les devorer. II m’en tomba dans les mainsun du pere Lami intitule: Entretiens sur les Sciences. C’etait uneespece d’introduction k la connaissance des livres qui en traitent. Jele lus et le relus cent fois; je resolus d’en faire mon guide. Enfin jeme sentis entraine peu k peu malgre mon etat, ou plutot par mon etat,vers l’etude avec une force irresitible; et tout en regardant chaque jourcomme le dernier de mes jours, j'etudiais avec autant d’ardeur que sij’avais du toujours vivre. On disait que cela me faisait du mal; jecrois, moi, que cela me fit du bien, et non seulement a mon ame, maisa mon corps; car cette application pour laquelle je me passionnais medevint si delicieuse, que, ne pensant plus a mes maux, j’en etais beau-coup moins affecte. II est pourtant vrai que rien ne me procurait unSoulagement ree]; mais n’ayant pas de douleurs vives, je m’accoutumaisa languir, a ne pas dormir, a penser au lieu d’agir, et enfin k regarderle deperissement successif et lent de ma machine comme un progresinevitable que la mort seule pouvait arreter.
1 Die Congregation der Väter vom Oratorium Jesu, und die vom Port-Royal hatteviele durch Gelehrsamkeit ausgezeichnete Schriftsteller.