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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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Rousseau.

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faut que je ne sois pas ne pour letude; car une longue application mefatigue ä tel point quil mest impossible de m'occuper une demi-heurede suite avec force du meine sujet, surtout en suivant les idees dautrui;car il mest arrive quelquefois de me livrer plus longtemps aux miennes,et meme avec assez de succes. Quand jai suivi durant quelques pagesun auteur quil faut lire avec application, mon esprit labandonne etse perd dans les nuages. Si je mobstine, je mepuise inutilement; leseblouissements me prennent; je ne vois plus rien. Mais que des sujetsdifferents se succedent, meme sans interruption, Tun me delasse delautre; et sans avoir besoin de reläche, je le suis plus aisement. Jemis ä profit cette observation dans mon plan detudes, et je les entre-melai tellement que je moccupais tout le jour et ne me fatiguais jamais.II est vrai que les soins champetres et domestiques faisaient des diver-sions utiles; mais dans ma ferveur croissante, je trouvai bientot lemoyen den menager encore le temps pour letude, et de moccuper ä fois de deux choses, sans songer que chacune en allait moins bien.

Dans tant de menus details qui me charment et dont jexcedesouvent mon lecteur, je mets pourtant une discretion dont il ne sedouterait guere si je navais soin de len avertir. Ici, par exemple, jeme rappelle avec delices tous les differents essais que je fis pour distribuer mon temps de faqon que jy trouvasse a la fois autant dagre-ment et dutilite quil etait possible; et je puis dire que ce temps jevivais dans la retraite et toujours malade, fut celui de ma vie je fusle moins oisif et le moins ennuye. Deux ou trois mois se passerentainsi a täter la pente de mon esprit et ä jouir, dans la plus belle saisonde lannee, et dans un lieu quelle rendait enchantä, du charme de lavie dont je sentais si bien le prix, de celui dune societe aussi libre quedouce, si lon peut donner le nom de societe ä une aussi parfaite union,et de celui des belles connaissances que je me proposais dacquerir;car cetait pour moi comme si je les avais dejä possedees; ou plutötcetait mieux encore, puisque le plaisir dapprendre entrait pour beau-coup dans mon bonheur.

Il faut passer sur ces essais qui tous etaient pour moi des jouis-sances, mais trop simples pour pouvoir etre expliquees. Encore uncoup, le vrai bonheur ne se decrit pas; il se sent, et se sent dautantmieux quil peut le moins se decrire, parce quil ne resulte pas dunrecueil de faits, mais quil est un etat permanent. Je me repete sou-vent, mais je me repeterais bien davantage, si je disais la meme choseautant de fois quelle me vient dans lesprit. Quand enfin mon train devie souvent change eut pris un cours uniforme, voici a peu pres quelleen fut la distribution.

Je me levais tous les matins avant le soleil. Je montais par unverger voisin dans un tres joli chemin qui etait au-dessus de la vigneet suivait la cöte jusquä Chambery., tout en me proinenant, jefaisais ma priere, qui ne consistait pas en un vain balbutiement de