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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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Bernardin de St. Pierre.

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des soleils qui eclairent dautres mondes; dans la blancheur de la voielactee, des etoiles, cest-ä-dire des soleils innombrables, semes dans leciel comme les grains de poussiere sur la terre, sans que lhomme

Sache, si ce sont la seulement les preliminaires de Ja creation:-

avec quel ravissement eussent-ils vu un spectacle que nous regardonsaujourdhui avec indifference!

2 .

La sagesse avec laquelle la nature a ordonne les proportions detous les etres, est surtout digne dadmiration. Si Ton vient ä examinerles animaux, on nen trouvera aucun de defectueux dans ses membres,si on a egard a ses ntoeurs et aux lieux il est destine ä vivre. Lelong et gros bec du toucan, et sa langue faite en plume, etaient ne-cessaires ä un oiseau qui cherche les insectes üparpilles dans les sableshumides des rivages de lAmerique. II lui fallait ä la fois une longuepioche pour y fouiller, une large cuiller pour les ramasser, et unelangue frangee de nerfs delicats pour y sentir sa nourriture. II fallaitde longues jambes et de longs cous aux herons, aux grues, aux fla-mants et aux autres oiseaux qui marchent dans les marais, et quicherchent la proie au fond de leurs eaux. Chaque animal a les piedset la gueule, ou le bec, formes dune maniere admirable pour le solquil doit parcourir, et pour les aliments dont il doit vivre. Cest deleurs configurations que les naturalistes. tirent les caracteres qui dis-tinguent les betes de proie de celles qui sont frugivores. Ces organesnont jamais manque aux besoins des animaux, et ils sont eux-memesindelebiles comme leurs instincts. Jai vu, dans les campagnes, descanards eleves loin des eaux depuis plusieurs generations, qui avaientconserve ä leurs pieds les larges membranes de leur espece, et qui,aux approches des pluies, battaient des ailes, jetaient des cris, appe-laient les nuees, et semblaient se plaindre au ciel de linjustice delhomme qui les privait de leur element. Aucun animal na manquedun membre necessaire ou nen a re^u dinutiles. Des naturalistes ontregarde les ergots appendices des pieds du porc comme superflus,parce quils ne portent point ä terre; mais cet animal, destine ä vivredans les lieux marecageux il aime a se vautrer, et ä faire avec sonboutoir des fouilles profondes, sy füt souvent enfonce par sa glouton-nerie, si la nature njeüt dispose au-dessus de ses pieds deux ergots ensaillie, qui lui donnent les moyens de sen retirer. La nature, qui varieses moyens comme les obstacles, a donne les ergots appendices auxpieds du porc, par les memes raisons quelle a revetu le rhinocerosdune peau plissee de plusieurs plis, au milieu de la zone torride. Oncroirait ce lourd animal couvert dun triple manteau: mais destine ävivre dans les marais fangeux de lInde, ou il fouille avec la corne deson museau les longues racines des bambous, il sy füt enfonce par son