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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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XVIII. Jahrhundert.

notre bonheur! Elle na repandu ses dons dun pole a lautre, quafinde nous engager a nous reunir pour nous les communiquer. Elle nousrappelle sans cesse, malgre les prejuges qui nous divisent, aux loixuniverselles te la justice et de lhumanite, en mettant bien souvent nosmaux dans les mains des conquerants, et nos plaisirs dans celles desopprimes. Quänd les princes de lEurope furent, levangile ä la main,ravager lAsie, 1 ils nous en rapporterent la peste; mais la naturemontra a un derviehe (pretre Arabe) larbre du cafö dans les montag-nes de lYemen. Les descendants de ces princes se sont empares delAmerique, et ils nous ont transmis, par cette conquete, les maladiesterribles qui sont ä present les suites de la debauche. Pendant quilsen exterminaient les habitants a coups de canon, un Caraibe fait fumer,en signe de paix, des matelots dans son calumet; le parfum du tabacdissipe leurs ennuis, ils en repandent lusage par toute la terre. A quidevons-nous lusage du sucre, du chocolat, de tant de subsistancesagreables et de tant de remedes salutaires? A des Indiens tout nus, kde pauvres paysans, k des negres miserables. Cependant, dans quellesplaces publiques sont les statues de nos obscurs bienfaiteurs ? Noshistoires meines, qui ont conduit ä limmortalite tant dhommes medio-cres et tant de scelerats, nont pas daigne conserver leurs noms. Mais,sans chercher au loin les preuves des obligations que nous avons a lanature, nous demanderons ou est le temps nos a'ieux sautaient dejoie quand ils avaient trouve quelque fruit sauvage sur les rives deleurs fleuves, ou attrape quelque chevreuil k la course dans leurs vastescampagnes? Nos terres, aujourdhui si couvertes de moissons, devergers et de troupeaux, ne leur fournissaient pas alors de quoi vivre.Ils erraient ga et la, vivant de chasses incertaines et nosant se fier äla nature. Ses moindres phenomenes leur faisaient peur. Ils tremblaientä la vue dune eclipse, dun feu follet, dune brauche de gui de chene.Ce nest pas quils crussent les choses de ce monde livrees au hasard;ils reconnaissaient partout des dieux: mais nosant les croire bons,sous des pretres barbares, ces infortunes pensaientquils ne se plai-saient que dans les larmes. Je suppose quun philosophe comme New-ton leur eüt donn6 alors le spectacle de quelques-unes de nos Sciencesnaturelles, et quil leur eüt fait voir, avec le microscope, des foretsdans des mousses, des montagnes dans des grains de sable, des milliersdanimaux dans des gouttes deau, et toutes les merveilles de la nature,qui, en descendant vers le neant, multiplie les ressources de son in-telligence, sans que loeil humain puisse en apercevoir le terme;quensuite leur decouvrant dans les cieux une progression de grandeuregalement infinie, il leur eüt montr6, dans les planetes quon aper^oita peine, des mondes plus grands que le notre, Saturne ä trois centsmillions de Heues de distance; dans les etoiles infiniment plus eloignees,

1 On parle des croisades.