Buch 
Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
Entstehung
Seite
193
JPEG-Download
 

S£gur der ältere. 193

plus derreurs consacrees par le tenips, plus de prejuges enracines parde vieilles coutuines.

Cependant, Sans rang, sans naissance, sans autorite, ses forcesne se composaient que de la clarte de sa raison, de leloquence varieede son style, et du charme entrainant de sa grace; enfin, pour terrasserles vieux et redoutables colosses contre lesquels il luttait, il ne seservit la plupart du temps, au lieu de massue, que de Tanne legere duridicule et de Tironie. Il est vrai que jamais personne ne la maniaplus adroitement que lui, et ne fit avec eile des blessures plus pro-fondes et plus incurables.

Profitant de quelques imprudences inexcusables, de quelques ecritscontraires aux moeurs, de quelques taches enfin qui ternissaient legere-ment le disque de cet astre brillant de notre litterature, le clerge parson influence, quelques vieux parlementaires enclins k la severite, unpetit nombre danciens courtisans, partisans des antiques abus dupouvoir, avaient obtenu contre lui non une condamnation ou meme unordre officiel de bannissement, mais des insinuations assez efficacespour Tobliger ä chercher son repos et sa sürete dans lexil.

Son retour fut, comme sa disgrace, une preuve de la faiblesse deT autorite. Lopinion philosophique Temportait tellement alors dans lesesprits, et intimidait ä tel point le pouvoir, quon le Iaissa revenir dansson pays sans le lui permettre. La cour refusa de le recevoir, et laville entiere sembla voler au-devant de lui. On ne voulut point luiaccorder une legere grace, et on le Iaissa jouir dun triomphe eclatant.

La reine, entrainee par le tourbillon, fit de vaines tentatives pourobtenir du roi la permission dadmettre chez eile cet homme celebre,objet dune si universelle admiration. Louis XVI., par scrupule de con-science, crut quil ne devait point laisser approcher de lui un ecrivaindont les coups temeraires, ne s'arretant point aux abus, avaient sou-vent porte atteinte k des croyances antiques, ä des doctrines venerees.Lenceinte du trone resta donc fermee k celui auquel, dans les trans-ports de son admiration, la nation rendait une Sorte de culte.

Les rivaux de ce grand homme furent consternes; le clerge sin-digna, mais se tut; les parlements garderent le silence, et la puissancedes philosophes saccrut par la presence et par le triomphe de leurchef. Il faut avoir vu a cette epoque la joie publique, limpatientecuriosite et Tempressement tumultueux dune foule admiratrice pourentendre, pour envisager et meme pour apercevoir ce vieillard celebre,contemporain de deux siecles, qui avait herite de Teclat de Tun et faitla gloire de Tautre; il faut, dis-je, en avoir ete temoin pour sen faireune juste idee.

Cetait lapotheose dun demi-dieu encore vivant; il disait aupeuple, avec autant de raison que dattendrissement:Vous voulezdonc me faire mourir de plaisir? En effet, la jouissance de si nom-breux et de si touchants hommages etait au-dessus de ses forces; il

Holder, französ. Littaratur. 13