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XIX. Jahrhundert.
Neanmoins, quand on a surmonte ces sensations irreflechies, lepays et les habitants offrent ä l’observation quelque chose d’interessantet de poetique; vous sentez que des ames et des imaginations doucesont embelli ces campagnes. Les grands cbemins sont plantes d’arbresfruitiers, places lä pour rafraichir Ie voyageur. Les paysages dont leRhin est entoure, sont superbespresque partout: on dirait que ce fleuveest J.e genie tutelaire de l’Allemagne; ses flots sont purs, rapides etmajestueux corame la vie d’un ancien heros. Le Danube se divise enplusieurs branches; les ondes de l’Elbe et de la Spree se troublentfacilement par l’orage; le Rhin seul est presque inalterable. Les con-trees qu’il traverse paraissent tout ä la fois si serieuses et si variees,si fertiles et si solitaires, qu’on serait tente de croire que c’est lui-meme qui les a cultivees, et que les hommes d’ä present n’y sont pourrien. Ce fleuve raconte, en passant, les hauts faits des temps jadis, etl’ombre d’Arminius semble errer encore sur ces rivages escarpes.
Les inonuments gothiques sont les seuls remarquables en Alle-magne; ces inonuments rappellent les siecles de la chevalerie; danspresque toutes les villes, les musees publics conservent des restes deces temps-lä. On dirait que les habitants du nord, vainqueurs dumonde, en partant de la Germanie, y ont laisse leurs Souvenirs sousdiverses formes, et que le pays tout entier ressemble au sejour d’ungrand peuple qui depuis longtemps l’a quitte. II y a dans la plupartdes arsenaux des villes allemandes des figures de Chevaliers en boispeint, revetus de leurs armures; le casque, le bouclier, les cuissards,les eperons, tout est selon l’ancien usage; et l’on se promene au milieude ces morts debout, dont les bras leves semblent prets ä frapper leursadversaires, qui tiennent aussi de meine leurs lances en arret. Cetteimage immobile d’actions jadis si vives, cause une impression penible.C’est ainsi qu’apres les tremblements de terre, on a retrouve deshommes engloutis, qui avaient garde pendant longtemps encore ledernier geste de leur derniere pensee.
L’architecture moderne, en Allemagne, n’offre rien qui merited’etre eite; mais les villes sont en general bien bäties, et les pro-prietaires les embellissent avec une sorte de soin plein de bonhomie.Les maisons dans plusieurs villes sont peintes en dehors.de diversescouleurs; on y voit des figures de saints, des ornements de tout genre,dont le goüt n’est assurement pas parfait, mais qui varient l’aspect deshabitations, et semblent indiquer un desir bienveillant de plaire a sesconcitoyens et aux etrangers. L’eclat et la splendeur d’un palais ser-vent ä l’amour propre de celui qui le possede; mais la decorationsoignee, la parure et la bonne intention des petites demeures ont quel-que chose d’liospitalier.
Les jardins sont presque aussi beaux dans quelques parties del’Allemagne qu’en Angleterre; le luxe des jardins suppose toujoursqu’on ahne la nature. En Angleterre des maisons tres simples sont