Frau von StaSl.
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bäties au milieu des parcs les plus magnifiques: le proprietaire negligesa demeure, et pare avee soin la Campagne. Cette magnificence et cettesimplicite reunies n’existent sürement pas au meme degre en Alle-magne; cependant, ü travers le manque de fortune et l’orgueil feodal,on aperqoit en tout un certain amour du beau qui, tot ou tard, doitdonner du gout et de la grace, puisqu’il en est la veritable source.Souvent au milieu des superbes jardins des princes alleinands, l’onplace des harpes eoliennes, pres des grottes entourees de fleurs, afinque le vent transporte dans les airs des sons et des parfums tout en-semble. L’imagination des habitants du nord tache ainsi de se com-poser une nature d’Italie; et, pendant les jours brillants d’un ete rapide,l’on parvient quelquefois ä s’y tromper.
Des moeurs et du caractere des Allemands.
Quelques traits principaux peuvent seuls convenir egalement atonte la nation allemande, car les diversites de ce pays sont telles,qu’on ne sait comment rdunir sous un meme point de vue des religions,des gouvernements, des climats, des peuples meme si differents. L’Alle-magne du midi est, ä beaucoup d’egards, tout autre que celle du nord;les villes de commerce ne ressemblent point aux villes celebres parleurs universites; les petits etats different sensiblement des deuxgran-des monarchies, la Prusse et l’Autriche. L’Allemagne etait une fede-ration aristocratique; cet empire n’avait point un centre commun delumieres et d’esprit public, il ne formait pas une nation compacte, etle lien manquait au faisceau. Cette division de l’Allemagne, funeste äsa force politique, etait cependant tres favorable aux essais de toutgenre que pouvaient tenter le genie et l’imagination. II y avait une sorted’anarchie douce et paisible, en fait d’opinions litteraires et metaphy-siques, qui pevmettait ä cliaque homme le developpement entier de samaniere de voir individuelle.
Comme il n’existe point de capitale ou se rassemble la bonnecompagnie de toute l’Allemagne, l’esprit de societe y exerce peu depouvoir; l’empire du goüt et l’arme du ridicule y sont sans influence.La plupart des ecrivains et des penseurs travaillent dans la solitude,ou seulement entoures d’un petit cercle qu’ils dominent. Ils se laissentaller chacun separement, a tout ce que leur inspire une imaginationsans contrainte: et si l’on peut apercevoir quelques traces de l’ascen-dant de la mode en Allemagne, c’est par le desir que chacun eprouvede se montrer tout ä fait different des autres. En France, au contraire,chacun aspire ä meriter ce que Montesquieu disait de Voltaire: Il aplus que personne Vesprit que tout le monde a. Les ecrivains alle-mands imiteraient plus volontiere encore les etrangers que leurs com-patriotes.