Buch 
Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
Entstehung
Seite
207
JPEG-Download
 

;^5>6pWK»^.v.v^«^¥- ; .

Frau von Staijl. 207

i

l confond ä force danalyse, enfin manque de certains defauts qui puis-sent servir de circonscription ä ses qualites.

On a beaucoup de peine ä saccoutunier, en sortant de France, ala lenteur et ä linertie du peuple allemand; il ne se presse jamais, iltrouve des obstacles a tout: vous entendez dire, en Allemagne, cestimpossible, cent fois contre une en France. Quand il est questiondagir, les Allemands ne savent pas lütter avec les difficultes; et leurrespect pour la puissance vient plus encore de ce quelle ressemble äla destinee, que daucun motif interesse. Les gens du peuple ont desformes assez grossieres, surtout quand on veut heurter leur manieredetre habituelle; ils auraient naturellement, plus que les nobles, cettesainte antipathie pour les moeurs, les coutumes et les langues etran-geres, qui fortifie dans tous les pays le lien national. Largent quonf leur offre ne derange pas leur fagon dagir, la peur ne les en detourne, pas; ils sont tres capables enfin de cette fixite en toutes choses, qui estune excellente donnee pour la morale.

Des que lon seleve un peu au-dessus de la derniere classe dupeuple en Allemagne, on sapergoit aisöment de cette vie intime, decette poesie de Tarne qui caracterise les Allemands. Les habitants desvilles et des campagnes, les soldats et les laboureurs, savent presquetous la musique; il mest arrivb dentrer dans de pauvres maisonsnoircies par la fumee de tabac, et dentendre tout a coup non seule-ment la maitresse, mais le maitre du logis, improviser sur le clavecin,comme les Italiens improvisent en vers. Lon a soin presque partoutque, les jours de marche, il y ait des joueurs dinstruments ä vent surle balcon de lhötel-de-ville qui domine la place publique: les paysansdes environs participent, ainsi ä la douce jouissance du premier desarts. Les ecoliers se promenent dans les rues, le dimanche, en Chan-tant des psaumes en choeur. On raconte que Luther fit souvent partie de ce choeur dans sa premiere jeunesse. Jetais a Eisenach, petite villede Saxe, un jour dhiver si froid, que les rues meines etaient encom-brees de neige; je vis une longue suite de jeunes gens, en manteaunoir, qui traversaient la ville en celebrant les louanges de Dieu.

Il faut savoir gre aux Allemands de la bonne volonte quilstemoignent par les reverences respectueuses et la politesse remplie de, formalites, que les Prangers ont si souvent tournee en ridicule. Ilsauraient aisement pu remplacer, par des manieres froides et indifferen- tes, la grace et lelegance quon les accusait de ne pouvoir atteindre :

, le dedain impose toujours silence ä la moquerie; car cest surtout aux^ efforts inutiles quelle sattache; mais les caracteres bienveillants1 aiment mieux sexposer a la plaisanterie, que de sen preserver par1 lair hautain et contenu quil est si facile ä tout le monde de se donner.

| Il nest point dassemblage plus bizarre que laspect guerrier dei lAllemagne entiere, les soldats que lon rencontre ä chaque pas, et lej genre de vie casanier quon y mene. On y craint les fatigues et les

!