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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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XIX. Jahrhundert.

En litterature comrae en politique, les Allemands ont trop deconsideration pour les etrangers, et pas assez de prejuges nationaux.Cest une qualite dans les individus que labnegation de soi-meme etlestime des autres; mais le patriotisme des nations doit etre egoi'ste.La fierte des Anglais sert puissamment a leur existence politique: labonne opinion que les Fran$ais ont deux-memes a toujours beaucoupcontribue ä leur ascendant surlEurope; le noble orgueil des Espagnolsles a rendus jadis souverains dune portion du monde. Les Allemandssont Saxons, Prussiens, Bavarois, Autrichiens; mais le caractere ger-manique, sur lequel devrait se fonder la force de tous, est morcelecomme la terre meine qui a tant de differents maitres.

Les Allemands ont en general de la sincerite et de la fidelite; ilsne manquent presque jamais ä leur parole, et la tromperie leur est4trangere. Si ce defaut sintroduisait jamais en Allemagne, ce nepourrait etre que par lenvie dimiter les etrangers, de se montrer aussihabiles queux, et surtout de netre pas leur dupe; mais le bon senset le bon coeur rameneraient bientöt les Allemands ä sentir quon nestfort que par sa propre nature, et que lhabitude de lhonnetete rendtout ä fait incapable, merne quand on le veut, de se servir de la ruse.II faut, pour tirer parti de limmoralite, etre arme tout a fait ä lalegere, et ne pas porter en soi-meme une conscience et des scrupulesqui vous arretent ä moitie chemin, et vous'font eprouver dautant plusvivement le regret davoir quitte lancienne route, quil vous est im-possible davancer liardiment dans la nouvelle.

II est aise, je le crois, de demontrer que, sans la morale, tout esthasard et tenebres. Neanmoins on a vu souvent chez les nations lati-nes une politique singulierement adroite dans lart de saffranchir detous les devoirs; mais on peutledire a lagloiredela nation allemande,eile a presque lincapacite de cette souplesse hardie qui fait plier toutesles verites pour tous les interets, et sacrifie tous les engagements ätous les calculs. Ses defauts, comme ses qualites, la soumettent älhonorable necessite de la justice.

La puissance du travail et de la reflexion est aussi lun des traitsdistinctifs de la nation allemande. Elle est naturellement litteraire etphilosophique; toutefois la Separation des classes, qui est plus pro-noncee en Allemagne que partout ailleurs, parce que la societe nenadoucit pas les nuances, nuit ä quelques egards ä lesprit proprementdit. Les nobles y ont trop peu didees, et les gens de lettres, trop peudhabitude des affaires. Cest limagination plus que lesprit qui carac-terise les Allemands. J. P. Richter, lun de leurs ecrivains les plusdistingues, a dit que lempire de la mer etait aux Anglais, celui de laterre auxFranqais, et celui de lair aux Allemands. En effet, on auraitbesoin, en Allemagne, de donner un centre et des bornes a cette emi-nente faculte de penser qui seleve et se perd dans le vague, penetreet disparait dans la profondeur, saneantit a force dimpartialite, se