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XIX. Jahrhundert.
connais pas.“ — Les paysans semblaient approuver du regard le jeuneemule de leur pasteur. Celui-ci, eonfus autant qu’irrite, se häta de de-mander k Zacarias: — „Est-ce un peche d’assassiner un Frangais? —Non, reprit l’enfant avec une vivacite qui lui obtint et les applaudisse-ments du cercle, et les tendres baisers de sa mere, on fait une oeuvremeritoire en delivrant la patrie de ses insolents oppresseurs.“
Un horame ä cheval arriva sur la place; la legon de fanatisme etde demagogie fut interrompue, l’etranger mit lestement pied a terre,jeta son manteau sur la seile, puis, otant avec grace son chapeauelegant, il vint, fier du costume andaloux qu’il portait, saluer le chefde la paroisse: c’etait Antonio. A son aspect, je rentrai dans la salle;tout ce qu’il y avait de villageoises qui fussent restees aupres de leurfoyer, accoururent; l’alcade s’approcha, les anciens arriverent, et lehameau entier se trouva former un cercle au milieu duquel regnait lefils de l’Andalousie. Charme de voir les Vieux-Castillans se presserautour de lui, il se disposa, d’un air important, k prendre la parole, etdit enfin, non sans avoir tournd ses yeux avec regret sur les jeunesfilles, qui ne renongaient pas ä leurs danses pour l’entendre: „Hommes!l’invincible Justicier 1 me depute vers vous pour vous dire que les tyranstondent devant les Espagnols cornme la neige des inonts Alpuxaresdevant le soleil du printemps. La musique k grand orchestre que vousentendez dans le lointain, est un concert donne par le sublime marquisde laRomana, l’immortel Castagnos et l’heroique Blake, pour celebrer,d’une maniere digne des Espagnes, l’enterrement de la puissance et dela gloire frangaises. Cette ceremonie ne sera plus tres longue. L’ini-mitable don Alonzo est ici pres qui ouvre la fete par une Symphoniede sa fagon. Il ne s’agit plus que d’avoir des figurants en assez grandnombre pour que le" denoument ait tout l’eclat qu’il merite. “
„Vieux-Castillans et vieux chretiens, autant qu’on puisse etre,les dignes concitoyens du Cid Campeador 2 ne refuseront pas de semontrer sur la scene. C’est ici une des courses les plus magnifiquesque nous ayons encore vues. Il y a plaisir k jouter contre de tels tau-reaux qui n’ont pas besoin qu’on les excite en mettant le feu k leursblessures. Ceux-la, je vous en previens, se defendent comme des de-mons incarnes, et plus d’uu habile picador 3 mord la poussiere envoulantles atteindre. Mais la gloire en est plus grande, le spectacle plus beau,et au lieu d’un cirque etroit, on a pour gaterie l’Espagne et le mondeentier/'
1 Grossrichter, Name, den sich Bartholomäus, ein berüchtigter Bandenanführer,• beilegte.
2 Kämpfheld ohne Gleichen.
3 So heissen die, welche bei einem Stiergefechte au Pferäe den Stier mit ihrenPiken angreifen.