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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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XIX. Jahrhundert.

domina les lettres, dont lautre se manifesta dans les ev^nements, quenous allons jeter un coup doeil. Nous etudierons separement chacnnde ces deux regnes du genie de Voltaire. II ne faut pas oublier toute-fois que leur double puissance fut intimement coordonnee, et que leseffets de cette puissance, plutot meles que lies, ont toujours euquelquechose de simultane et de commun. Si, dans cette note, nous en divisons lexamen, cest uniquement parce quil serait au-dessus de nosforces dembrasser dun seul regard cet ensemble insaisissable; imitanten cela lartifice de ces artistes orientaux qui, daus limpuissance depeindre une figure de face, parviennent cependant a la representer en-tierement, en enfermant les deux profils dans un meme cadre.

En litterature, Voltaire a laisse un de ces monuments dont las-pect etonne plutot par son etendue quil nimpose par sa grandeur.Ledifice quil a construit na rien dauguste. Ce nest point le palaisdes rois, ce nest point lhospice du pauvre. Cest un bazar elegant etvaste, irregulier et commode; etalant dans la boue dinnombrablesrichesses; donnant a tous les interets, a toutes les vanites, ä toutesles passions, ce qui leur convient; eblouissant etfetide; peuple de vaga-bonds, de marchands et doisifs, peu frequente du pretre et de lindi-gent. La, declatantes galeries inondees incessamment dune fouleemerveillee;, des antres secrets oii nul ne se vante davoir penetre.Vous trouverez sous ces arcades somptueuses mille chefs-doeuvre degoüt et dart, tout reluisants dor et de diamants; mais ny cherchezpas la statue de bronze aux formes antiques et severes. Vous y trou-verez des parures pour vos salons et pour vos boudoirs; ny cherchezpas les ornements qui conviennent au sanctuaire. Et malheur au faiblequi na quune ame pour fortune et qui lexpose aux seductions de cemagnifique repaire! Temple monstrueux il y a des temoignagespour tout ce qui nest pas la verite, un culte pour tout ce qui nestpas Dieu!

Certes, si nous voulons bien parier dun monument de ce genreavec admiration, on nexigera pas que nous en parlions avec respect.

Nous plaindrions une eite ou la foule serait au bazar et la solitude ä leglise; nous plaindrions une litterature qui deserterait le sen-tier de Corneille et de Bossuet pour courir sur la trace de Voltaire.

Loin de nous toutefois la pensee de nier le genie de cet hommeextraordinaire. Cest parce que, dans notre conviction, ce genie etaitpeut-etre un des plus beaux qui aient ete jamais donnes ä aucun ecri-vain, que nous en deplorons plus amerement le frivole et funeste emploi.Nous regrettons, pour lui comme pour les lettres, quil ait tourne contrele ciel cette puissance intellectuelle quil avait reque du ciel. Nousgemissons sur ce beau genie qui na point compris sa sublime mission,sur cet ingrat qui a profane la ehastete de la inuse et la saintete de lapatrie, sur ce transfuge qui ne sest pas souvenu que le trepied dupoete a sa place pres de lautel. Et (ce qui est dune profonde et in-