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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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XIX. Jahrhundert.

sait reveler sa celeste origine sans recourir ä des artifices etrangers.Elle na quä marcher pour se montrer deesse. Et vera incessu pa-tuit dea.

Sil etait possible de resumer lidee multiple que presente lexis-tence litteraire de Voltaire, nous ne pourrions que la classer parmi cesprodiges que les latins appelaient monstra. Voltaire, en effet, est unphenomene peut-etre unique, qui ne pouvait naitre quen France et audix-huitieme siede. II y a cette difference entre sa litterature et celledu grand siede, que Corneille, Moliere et Pascal appartiennent da-vantage a la societe, Voltaire ä la civilisation. On sent, en le lisant,quil est lecrivain dun age enerve et affadi. II a de lagrement etpoint de grace, du prestige et point de charme, de leclat et point demajeste. II sait flatter et ne sait point consoler. II fascine et ne per-suade pas. Excepte dans la tragedie, qui lui est propre, son talentmanque de teqdresse et de franchise. On sent que tout cela est le re-sultat dune Organisation et non leffet dune inspiration; et quand unmedecin athee vient vous dire que tout Voltaire etait dans ses tendonset dans ses nerfs, vous fremissez quil nait raison. Au reste, commeun autre ambitieux plus moderne, qui revait la Suprematie politique,cest en vain que Voltaire a essaye la Suprematie litteraire. La mo-narchie absolue ne convient pas a lhomme. Si Voltaire eüt compris laveritable grandeur, il eüt place sa gloire dans lunite plutöt que dansluniversalite. La force ne se revele point par un deplacement per-petuel, par des metamorphoses infinies, mais bien par une majestueuseimmobilite. La force, ce nest pas Protze, cest Jupiter.

Ici commence la seconde partie de notre täche; eile sera pluscourte, parce que, grace a la revolution frangaise, les resultats poli-tiques de la philosophie de Voltaire sont malheureusement duneeffrayante notoriete. II serait cependant souverainement injuste denattribuer quaux ecrits dupatriarche de Ferney cette fatale revo-lution. II faut y voir avant tout leffet dune decomposition sociale de-puis longtemps commencee. Voltaire et lepoque il vecut doiventsaccuser et sexcuser reciproquement. Trop fort pour obeir a sonsiede, Voltaire etait aussi trop faible pour le dominer. De cette egalitedinfluence resultait entre son siede et lui une perpetuelle reaction, unechange mutuel dimpietes et de folies, un continuel flux et reflux denouveautes qui entrainait toujours dans ses oscillations quelque vieuxpilier de ledifice social. Quon se represente la face politique du dix-huitieme siede; les scandales de la regence, les turpitudes de LouisXV.;la violence dans le ministere, la violence dans les parlements, la forcenulle part; la corruption morale descendant par degres de la tete aucoeur, des grands au peuple; les prelats de cour, les abbes de toilette;lantique monarchie, lantique societe chancelant sur leur base commune,et ne resistant plus aux attaques des novateurs que par la magie de