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Anhang.
Et, si mes chants pouvaient vous attendrir,Melez ma cendre aux cendres de Tyrtee: 1Sous ce beau ciel je suis venu mourir.
Le vieux Vagabond.
Dans ce fasse cessons de vivre.
Je finis vieux, infirme et las.
Les passants vont dire: II est ivre.
Tant mieux! ils ne me plaindront pas.J’en vois qui detournent la tete;D’autres me jettent quelques sous.Courez vite ; allez ä la fete.
Vieux vagabond, je puis mourir sans vous.
Oui, je meurs ici de vieillesse,
Parce qu’on ne meurt pas de faim.J’esperais voir de ma detresseL’hopital adoucir la fin.
Mais tout est plein dans chaque hospice,Tant le peuple est infortune.
La rue, helas! fut ma nourrice.
Vieux vagabond, mourons oü je suis ne.
Aux artisans, dans mon jeune äge,
J’ai dit: Qu’on m’enseigne un metier.Va, nous n’avons pas trop d’ouvrage,Repondaient-ils, va mendier.
Riehes, qui me disiez: Travaille,
J’eus bien des os de vos repas;
J’ai bien dormi sur votre paille.
Vieux vagabond, je ne vous maudis pas.
J’aurais pu voler, moi, pauvre homme;Mais non: mieux vaut tendre la main.Au plus, j’ai derobe la pommeQui murit au bord du chemin.
Vingt fois pourtant on me verrouilleDans les cachots, de par le roi.
De mon seul bien on me depouille.
Vieux vagabond, le soleil est a moi.
1 Tyrtäus, ein griechischer Dichter, der den Muth der Spartaner durchbegeisternden Kriegsgesänge entflammte.