342 Anhang.
— Vous avez raison, mon ami! Oli! si j’etais sure de n’etre pasä Charge en prison...
La femme du geolier l’embrassa et fit un mouvement involontairepour la retenir.
— Voilä qui est bien, continua-t-elle en souriant, pendant que durevers de la main eile essuyait ses yeux. Je ne suis pas encore sivieille que je ne puisse honnetement gagner monpain chez mes maitres.Allez vous coucher bravement, vous autres, car voilä quatre heures quisonnent. Nous nous retrouverons demain. Je ne veux pas sortir d’ici...Ou irais-je, d’ailleurs, ajouta Lidivine, pour etre plus utile ou plusheureuse? Une maison, un village, une famille, il n’y en a plus pourmoi: le cimetiere merae ne me dirait rien; car mon mari, mes freres etmes enfants n’y sont pas. Vous savez qu’ils sont morts bien loin de lä,et qu’on les a mis je ne sais oü. Quant ä Pierre, e’est autre chose; ilest jeune, beau, industrieux, patient, et, par-dessus tout, craignantDieu. Si le monde est revenu au bien, comme vous dites, mon pauvrePierre prosperera peut-etre. Viens ici, mon enfant, que je te benisseet que je te dise adieu!
Pierre n’avait pas encore parle. Il paraissait plonge dans unemeditation serieuse et embarrasse de rompre le silence; enfin il serapprocha de Lidivine, ä l’appel qu’elle venait de lui faire.
— Jamais, ma mere, dit-il avec fennete. J’ai pense quelquefoisälavocation que je suivrais quand mon temps seraitfini; j’aurais vouluetre pretre, mais je n’ai pas eu le loisir de devenir savant. Au reste,si le ministere de pretre est grand, celui de guichetier a des devoirsque j’aime et auxquels je ne veux pas me soustraire. Nicolas a besoind’un aide, et il sait maintenant que ma compassion pour des peinesque j’ai ressenties depuis fenfance ne m’a jamais detourne de mesobligations. Je vous supplie de me permettre, ma mere, de ne passortir de prison. C’est la vie que le Seigneur m’a faite, et je n’y re-noncerai pas.
Les prisonniers etaient partis. Nicolas n’avait plus de motifs pourcontraindre l’expression de son excellent naturel.
— Reste! reste! criait-il ä Pierre en pleurant ä chaudes larmes.
— N’est-il pas vrai qu’ä ma place vous auriez fait comme moi?dit Pierre en se retournant de mon cote.
— Oui, mon ami, si j’en avais eu le courage.
Lidivine et Pierre sont morts au service des prisonniers.
Guizot,
geboren 1787, hat sich als Gelehrter und als Staatsmann grosse'Verdienste er-worben. Wir geben eine-Probe aus seiner Histoire de la civilisation en Europe.