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Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
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Anhang.

Lamour de la gloire.est larae de ces deuxrecueils, et ce qüeVoltaire fait dire au Ciceron de sa Home sauve'e:

Romains, jaime la gloire et ne veux pas m'en taire,est aussi vrai du poete que de son heros. La meine faiblesse se trahitdans le Romain et le Fran^ais; cest cette vanite si reprochee ä tousdeux, dans Ciceron plus abandonnee et plus naive, dans Voltaire mieuxconduite. Tous les genres desprit de la Correspondance brillent dansles Lettres, sauf lesprit de se faire louer, dont Voltaire donne plusvolontiers la Commission aux autres, et dont Ciceron se Charge lui-raeme. Meine naturel dans les deux ouvrages, avec plus declat dansCiceron, par le bonheur dune langue plus coloree et plus sonore; avecplus de fmesse et de saillies dans Voltaire. Meme critique exquise, etmeme delicatesse de gout, si ce nest que les erreurs de Ciceron surles choses de lesprit viennent de sa faiblesse pour la rlietorique, etcelles de Voltaire de sa faiblesse pour lui-meme. Mais lancien mesemble avoir un grand avantage sur le moderne. II y a plus de coeurdans les Lettres que dans la Correspondance; je devrais dire un coeurplus cultive. La famille seule cultive le coeur. Le pere qui a connu ceque cest que daimer quelquun plus que soi-meme a senti tout soncoeur, et teile est la chaleur de lamour paternel, que le meme hommeen aime mieux tout ce qui est k aimer. Ciceron, tendre pere dune fillecharmante, pere desespere quand il perdit Tullie, en est meilleur ci-toyen, plus attache ä ses amis, plus epris de la verite, ldquelle devientplus chere a riiomme chez qui la tendresse de coeur se communique alesprit, et qui aime la verite k la fois comme une lumiere et commeun sentiment.

Jai peur que Voltaire nait aime que son esprit. II est vrai quilavait droit de laimer dans le bon usage quil en a fait; mais, äquelquechose quil lemploie, il ne le hait pas. II aime la verite comme uneconvenance de cet esprit, et, quoique la verite, meme rabaissee a lacommodite dun homme, ait ete souvent, dans ses maius habiles etactives, une puissance bienfaisante, souvent il la traite en homme quiaurait su sen passer, et il lui prefere la gloire. Enfin, ses amis sont-ils autre chose que les hommes daffaires de son esprit? Il les caresseplus quil ne les aime, et, pour plus dun, il suffit de tourner la pagepour voir legratignure k la suite de la caresse.

Concluons de ces differences, non que les Lettres de Ciceronvalent mieux que la Correspondance de Voltaire, mais quun pa'ien quieherchait sa morale est dun meilleur commerce pour lame quun chre-tien qui sest ote la sienne.