Il]
la rédaction de ce voyage , destinée d’abord àrester inédite.
Une réflexion , ce fut une mère qui la fit, endécida l’impression , elle voulut dire aux parensmalheureux-.imitez-nous.— Voyagez en Suisse ,visitez ses lacs et ses glaciers, traversez ses mon-tagnes et ses torrens, opposez enfin les fatiguesdu corps aux douleurs morales, et peut-être re-viendrez-vous pleurer avec plus de résignationet moins d’amertume le tendre objet de votre af-fection ; vous ne serez pas consolés, mais dumoins vous aurez pu vivre , et peut-être, en em-brassant les enfans qui vous restent, un sourireviendra — t—il animer votre visage, comme unrayon de soleil après avoir percé un instant lanue, après une journée d’orage, égaie momen-tanément l’horizon.
Ce voyage est dégagé d’une foule de réflexionspénibles, qui rappelaient trop souvent sousquelle influence il fut écrit. Toutes ont dû êtresupprimées. La tristesse a sa pudeur comme leplaisir. Il est resté seulement un peu de gravitédans le style et dans les pensées ; celte tristessetrahit l’àge des voyageurs, et la disposition de leurame ; ils ont voulu faire aimer la Suisse , comparerses institutions et ses établissemens publics avecles nôtres ; louer ce qu’ils ont vu de bien, et blâ-mer ce qu’on y peut voir de mal. Surtout, ils ont