XI
heures, Phull s’emporta avec violence et s’écria : « quel» peut être le résultat d’un si maudit pique-nique d’opi-» nions ! » — Phull s’exprima encore plus librement auquartier général d’Erfurt sur le compte du duc, disantqu’il n’y avait pas moyen de donner des conseils au roi,car il faudrait, pour le sauver de sa ruine, commencerpar lui faire voir l’incapacité du duc, et que le roi re-garderait comme un insensé celui qui oserait tenter chosepareille ‘J.
En 1806 Phull passa au service de la Russie. Làaussi l’avait précédé sa réputation de savant, ce qui luiprocura l’insigne honneur d’être choisi par l’empereurpour son maître dans l’art de la guerre 2 ). En très peude temps il sut gagner à un tel degré la confiance del’empereur que ce souverain qui au printemps de 1807avait aux insinuations intéressées de Bennigsen pris larésolution de se tenir dans le voisinage de l’armée, afind’en diriger les opérations en grand, tout en laissantl’éxécution à des généraux particuliers, eut recours pourcela au général de Phull. Celui-ci reconnut cependantbientôt que cela ne pouvait avoir lieu avec une arméeoù régnait aussi peu d’ordre et de réflexion, que c’étaitalors le cas dans l’armée russe. L’empereur remit donc
1 ) Vehse, Histoire de la cour et de la noblesse de Prusseetc. 6 parties. Hambourg. Hoffmann et Campe. 3 me partie,page 24.
a ) De Wolzogen, m. p. 41.