XIII
laient se porter aussi en avant que possible. Barclayde Tolli était d’avis qu’on s’arrêtât à la Vistule; enfinl’empereur voulait accepter le combat sur les frontièresrusses, mais il ne voulait les franchir dans aucun cas.Le plan de Phull prévalut. Lorsque je pris congé del’empereur, il me donna la main en disant. « Dites au» roi que dussé-je reculer jusqu’à Kasan je ne ferais» pas la paix. » *) Les vues de Phull sur la manièred’opérer contre Napoléon au moment où la guerre écla-terait; ou, ce qui revient au même, son plan de défense,avaient été expliquées par lui à l’empereur dans ses le-çons ordinaires, et ce monarque les avait ensuite com-muniquées au ministre de la guerre, apparemment commeprovenant de lui-même 2 ).
D’après Wolzogen, Phull partait des principes sui-vants 3 ).
Napoléon a pour lui son génie militaire et une ar-mée aguerrie. Il n’y a proprement au contraire per-sonne en état de commander l’armée russe réunie, nil’empereur, ni aucun de ses généraux. Cette armée ne
x ) De Muffling, a. m. L., p. 187. D’après ce qui est citédans celte préface et plus tard sur le plan de retraite de Phull,on voit bien clairement pourquoi ce général ne voulait rien voirque son camp de Drissa.
2 ) De Wolzogen, M., p. 61.
3 ) Voir plus bas les propres déclarations de Phull à cesujet.