XIV
peut en outre, ni sous la rapport de ses généraux ensous ordre, ni d’après la totalité de ses officiers, nienfin relativement à son habileté militaire, être comparéeà l’armée française, celle-ci l’emportant de beaucouppar l’intelligence. Qu’a donc la Russie de son côté àopposer à ces avantages ? Phull croit avant tout quel’expédient le plus convenable pour neutraliser la supé-riorité numérique de l’ennemi tant en hommes, qu’enmatérial de guerre, c’est d’esquiver adroitement l'en-nemi et de se retirer, en forçant par là Napoléon às’éloigner de plus en plus de ses ressources, à faireavancer son armée dans des contrées inhospitalières età l’affaiblir journellement par là sous le rapport physiqueet moral, pendant que les Russes gagneraient ainsi dutemps, se concentreraient davantage et se fortifieraient ;mais qu’il fallait pour cela un plan fixe et un théâtrepour la guerre entièrement arrangé d’après ce plan ;c’est-à-dire que notre ligne de retraite étant exactementfixée d’avance, toutes les positions avantageuses de-vaient y être mesurées, en partie fortifiées par des re-tranchements, et enfin que partout devaient être établisdes magasins suffisants pour que l’armée ne manquâtjamais d’approvisionnements ; tandis que les Françaisdevaient justement se voir anéantis faute de tout cela,les ressources du pays étant insuffisantes, et le peu deprovisions qui pourraient rester leur étant enlevées pardes corps volants envoyés sur leurs derrières. Dans un