XXII
Smolensk à Moscou, laquelle devait rester entièrementlibre. L’armée devait rétrograder dans des localités dé-terminées d’avance. Dès quelle faisait front, les vivresdevaient être amenés de droite et de gauche dans lescamps, et s’il fallait continuer la retraite pour ne pas selaisser forcer à en venir à une bataille décisive, on avaitpris des mesures, pour que tous les habitants quittas-sent leurs villages et s’enfuissent avec leur bétail et leursprovisions, non pas toutefois dans la direction que pre-nait l’armée, mais dans les forêts, à droite et à gauche,et dans une ligne perpendiculaire à la route de Moscou.Mufïling ne pouvait mettre aucunement en doute la jus-tesse de cette théorie, mais bien la possibilité de la met-tre en pratique, le Russe tenant à la terre qu’il cultivepeut-être plus encore que les peuples les plus civilisés.Phull prétendait que tont ce plan était calculé sur laforce de caractère du paysan russe, sur son peu de be-soins, et par conséquent sur la possibilité pour lui demener une vie nomade dans ses forêts *), et que de pa-
*) Si toutes les mesures prises par Phull pour le plan deretraite, et confirmées par l’empereur, surtout les mesures pure-ment militaires, avaient été aussi ponctuellement exécutées quecelle-là, on n’en serait peut-être pas venu à une bataille deMojaïsk, et la catastrophe de Moscou n’aurait sans doute pas eulieu. L’éditeur peut cependant affirmer avec certitude que cesdispositions-là ont été suivies avec une remarquable exactitude.Aussitôt après le passage du Niemen toujours à l’extrêmeavant-garde de l’aile gauche de la grande armée du centre,