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tours suspendirent au grand désavantage de la premièrecampagne le commencement des opérations. L’on mitdes émigrés à la suite des Prussiens. En les établissantaux environs de Sédan on eût mis la convention natio-nale dans la nécessité d’avoir au préjudice de sa faiblearmée un corps sur les bords de la Meuse, afin d’em-pêcher toute communication des émigrés avec le peuplefrançais. L’on s’empara de Longvy et de Verdun, donton pensa faire des appuis pour les opérations prussien-nes. L’armée française d’après une juste estimation deses forces ne se présenta qu’aux environs de St. Mene-hould, à la distance de 22 milles d’Allemagne de la fron-tière L’on n’osa pas l’attaquer dans une position, dontles avantages apparents avaient peut-être trop frappél’imagination de quelques militaires. L’armée n'avait pasencore essuyé des revers. Renforcée par un corps au-trichien et par les émigrés elle devait l’emporter sur lesFrançais par le nombre et par tous les moyens quipouvaient procurer la victoire. Par une circonspectiontrès imprudente la boulangerie de campagne, destinéed’accompagner l’armée, avait été laissée à Verdun. Lepain cuit dans cette place ne pouvait pas arriver àtemps à l’armée campée près de Valmy. Faute de vi-vres les Prussiens ne pouvaient ni so porter en avant nimanœuvrer sur les flancs de l’ennemi. Accompagnée deses trains de vivres l’armée prussienne eût pu partir deVerdun avec une provision de pain et de farine pour\ 8 jours. Arrivée à Valmy elle aurait eu encore desvivres pour 8 jours : il eût été facile de faire des réqui-sitions de farine pour la boulangerie de campagne. Rienn’eut alors empêché les Prussiens de prolonger leurs