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magne et renforcée non-seulement par les troupes de laligue méridionale, mais encore par celles de Saxe et deHesse qui dans ce cas n’auraient pas osé joindre lesPrussiens. L’armée française pouvant être le 32 me jouràMagdebourg, l’année prussienne se trouvait encore ex-posée à être prévenue sur ce rendez-vous. Les troupesde Silésie, devant se remettre sur le pied de guerre,n’auraient pu arriver sur la rive de l’Elbe, aux environsde Torgau, que le 54 me jour et sans leur parc d’artillerie.Les troupes des Prusses méridionale, occidentale etorientale, seraient arrivées plus tard en proportion deleur plus grand éloignement. L’on pouvait se flatterd’obtenir successivement des secours de la Russie, del'Angleterre et de l’Autriche. La tête de l’armée russeétablie sur le Niemen aurait pu arriver aux bords del’Elbe le 76 me jour. Un corps anglais aurait pu débar-quer aux environs de Bremen vers le 54 me jour. L’Au-triche ne s’étant point encore remise des pertes de ladernière campagne, aurait vraisemblablement attendul’arrivée des Russes pour se déclarer en faveur desPrussiens.
§. 45.
Il résulte de ce qui vient d’être exposé, que laPrusse ne pouvait pas se flatter de soutenir jusqu’à l’ar-rivée des secours étrangers, ni sur la rive gauche del’Elbe, ni entre cette rivière et l’Oder, la guerre défensivecontre l’armée française qui, dès le commencement supé-rieure en nombre, avait des renforts considérables à at-tendre de l’intérieur de la France. En prenant l’initiativel’on pouvait pendant quelque temps dérober à Napoléon