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§. 44.
Napoléon méditant l’agression de la Prusse en pou-vait lui dérober toutes les mesures préparatoires. Leministère prussien, n’aimant pas les calculs militaires,n’aurait pris de l’inquiétude que sur la nouvelle que lestroupes françaises cantonnées en Allemagne s'étaient misesen marche, nouvelle qui ne serait arrivée à Berlin quele quatrième jour, en considérant comme premier celuioù le mouvement des troupes françaises aurait com-mencé. Le sixième jour ces dernières pouvaient avoirdépassé en différentes colonnes Ratisbonne, Nuremberg,Wurtzbourg, Francfort sur Mein II y a 54 milles deRatisbonne à Magdebourg où toute l’armée françaisepouvait être réunie le 32 me jour. Le ministère prus-sien éveillé de sa léthargie le 4 me jour, aurait vraisem-blablement employé le 5 et le 6 en délibérations L’ex-pédition des ordres pour rassembler près de Magde-bourg les troupes mobiles et pour mettre sur le pied deguerre celles qui ne l’étaient pas, auraient occupé le 7et le 8. Les courriers, porteurs de ces ordres, ne se-raient partis de Berlin que le 9 me jour, et n’auraient puarriver auprès des troupes les plus éloignées, que le11 me jour. Ces troupes ayant besoin pour le moins dedeux jours pour faire les préparatifs de marche et ayantquarante milles à parcourir, n’auraient pu atteindre leurdestination que le 41 me jour. En supposant au completles bataillons et les escadrons, toutes les troupes mobiles,qu’on aurait voulu rassembler près de de Magdebourg,auraient formé une armée d’à peu près 80,000 hommes,ayant en tête toute l’armée française établie en Aile-