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qu’une grande armée, laquelle avait besoin des auspicesde la volonté ferme et éclairée d’un guerrier du premiermérite. La position du roi de Prusse après la journéedu 1 4 Octobre était plus critique que n’a été celle deFrédéric le grand après la bataille de Cunnersdorff. LesRusses qui avaient été attaqués, se félicitèrent d’avoirmaintenu leur position. Frédéric IL n’ayant perdu qu’unepartie de l’artillerie attachée à la petite armée, qu’il avaitmenée des frontières de la Bohême vers l’Oder, avaitconservé sa boulangerie de campagne et ses magasins,et se trouvait à portée de Berlin et de ses forteresses deSilésie ; le corps du général Fouqué n’avait rien souf-fert ; l’armée sous les ordres du prince Henri se dispo-sait à le dégager par des diversions ; le maréchal Solti-kow n’avait pas les motifs d’activité, qu’exigeaient lesplans de Napoléon. Le grand roi cependant avait dés-espéré un moment de ses affaires. L’ennemi, dit-il lui-même, n’avait que le coup de grâce à donner. Auxrevers essuyés près d’Auerstedt et Jéna se joignit peude jours après l’affaire malheureuse du corps de réserveprès de Halle. Le corps du duc de Weimar coupé dede l’armée se vit obligé de se retirer h Lubeck, pour ycapituler.
§. 52 .
Le duc de Brunsvic ayant été grièvement blessé àla bataille d’Auerstedt, les débris de l’armée furent missous les ordres du prince de Hohenlohe. Fatigué parune infinité d’embarras et se croyant coupé, le malheu-reux prince qui toujours s’était distingué dans le com-mandement, au lieu de continuer sa retraite vers Stettin,