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se laissa engager à la capitulation de Prenzlau. L’arméecoupée de Berlin et des places de Silésie et n’ayant à sadisposition que les dépôts de Graudenz et de Kœnigs-berg n’aurait pu être réorganisée que sur les bords dela Vistule. Ceux qui avaient le plus contribué aux mal-heurs, dont la Prusse se vit frappée, en accusèrent labrave armée qui aurait bien mérité de remporter la vic-toire. La perte prématurée des forteresses a été causéepar des commandans, à qui le gouvernement n’auraitpas dû confier ces dépôts précieux. Des ordres secretsont peut-être influé sur la conduite d’un brave généralqui pendant le cours de ses longs services n’avait donnéque des marques de bravoure et de dévouement.
§. 53.
La Prusse ayant perdu toute l’armée, qu’elle avaitmise en campagne, se vit réduite aux troupes de laPrusse orientale et à une partie de celles de la Prusseméridionale. Après avoir pourvu aux garnisons de Danzicet de Graudenz, 20,000 hommes lui restaient à peine.L’on s’empressa de les mettre sur le pied de guerre.Maître de toutes les provisions que les Prussiens avaientété obligés d’abandonner, Napoléon s’élança avec faci-lité des bords de l’Oder à ceux de la Vistule. Ayantpris possession de Thorn, de Polock, de Modlin, deSieroc, il alla au devant de l’armée que l’empereurAlexandre avait fait marcher au secours de la Prusse.Une partie de cette armée était commandée par le gé-néral Bennigsen, l’autre par le général Botixhœvden quiretenu sur la rive gauche du Naref, ne put seconder lepremier, attaqué près de Pultusk. Malgré cette division,