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la victoire se déclara pour les Russes, mais inutilement,parceque des pluies continuelles avaient tellement abîméles chemins, que le général de Bennigsen non-seule-ment se trouva dans l’impossibilité de se mettre à lapoursuite de l’ennemi, mais fut même obligé, de se rap-procher de ses magasins, ce qui donna à Napoléon letemps de s’établir sur la Vistule par des fortificationsconstruites à Modlin, à Marienwerder, à Marienbourg,à Thorn et à Polock. Pour faciliter les subsistances deson armée, il l’étendit depuis Sieroc jusqu’à Schippenbeilsur l’Allé.
§• 34 .
Les fortifications nombreuses que Napoléon établitsur la Vistule, prouvent assez, combien il jugeait précairesa position au delà de ce fleuve. Il aurait été facile deformel' une base capable de donner aux opérations desRusses et des Prussiens une supériorité très marquée surcelles des Français. Le Nicmen depuis Grodno jusqu’àKowno, et la Mémel, depuis ce dernier endroit jusqu’àson embouchure, s’y seraient prêtées admirablement. Lesroutes de Tilsit et de Grodno et toutes celles se trouvantentre ces deux villes ont leur point de réunion aux en-virons d’Ortelsbourg. Pour faciliter les subsistances ileût été facile de former dans un pays abondant engrains et en chevaux, des entrepôts à Wéhlau, à Inster-bourg, à Gumbinnen, à Sczuczvn, à Lyck, à Johannes-bourg, à Rheine, à Angerbourg, à Rastenbourg, à Heils-berg. Soutenues par ces entrepôts les armées auraientpu opérer dans les directions suivantes : les Prussiensdans celle de Wéhlau, lleilsberg, Allenstein ; l’armée