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on en appela avec confiance dans les guerres futures.Le maréchal Bellefont ayant rélevé le maréchal d’Hu-mières dans le commandement, reçut l’ordre d’évacuer laHollande et de n’y laisser des garnisons que dans Gra-ves et dans Mæstricht. L’armée qu’il ramena était de22,000 hommes. Celle du prince de Condé en avait45,000. L’armée hollandaise sous les ordres du princed’Orange était de 30,000, celle des Espagnols sous lecommandement du comte de Monterey de 15,000, celledes impériaux, commandée par Bournonville et dans lasuite par le comte de Souches, de 27,000 hommes.
La paix d’Aix la Chapelle n’avait point réglé d’unemanière convenable les frontières de Flandre II v avait
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un amalgame singulier de forteresses espagnoles et fran-çaises. Gravelines, Dunkerque, Bergues, Fûmes, St. Ve-nant, Courtrai, Lille, Douai, Arras, Tournai, Oudenarde,Ath, le Quesnoi, Avesne, Charleroi, Philippéville, Bocroi,Binch, Mæstricht, Mazeyk et Graves étaient à la France.Les Espagnols possédaient Aire, St. Orner, Cassel, Ypres,Gand, Bruxelles, Anvers, Louvain, Mons, St. Guillain,Condé, Valenciennes, Cambrai, Bouchain, Bavai, Mau-beuge, Namur, Charlernont, Givet, Ruremonde, Venloo,les forts d’Argenteau et de Navagne. Huy et Dinantétaient aux Liégeois qui prétendaient observer la neu-tralité. Cet amalgame ne pouvait être favorable quacelui, qui jouissait de la supériorité du nombre.
Le premier soin du prince Condé fut de s’assurerla jonction avec le maréchal Bellefont, lequel arrivantle 1 2 Mai près de Mæstricht avait encore tout le tempsde se rendre maître des châteaux d’Argenteau et deNavagne. L’ouverture de la campagne avait été précédée