En armant contre la Hollande, Louis XIV. certaine-ment ne se doutait pas du nombre d’ennemis qu’il s’at-tirerait. La plupart des alliés, sur l’assistance desquels ilavait compté, prirent les armes contre lui en 1674.L’Espagne menaçait ses frontières du côté des Pyrénéeset dans les Pays-Bas. Les troupes de Munster, de Co-logne, de Brandebourg, de l’électeur Palatin, du ducde Lorraine avaient ou renforcé l’armée impériale ouopéraient en sa faveur. La guerre du haut-Rhin futsubordonnée à celle de Flandre. En sacrifiant momen-tanément l’Alsace l’on ne voulait pas courir le risque deperdre une place dans les Pays-Bas. Turenne à la têtede 24,000 hommes fut opposé à une armée de 61,000combattans, composée d’Autrichiens, de Lorrains, deBrandebourgeois et d’autres troupes de l’empire sousles ordres du duc de Bournonville et du duc de Lor-raine. L’habileté des généraux, secondée par la dissen-tion qui régnait parmi les alliés, sauvèrent la France.Les succès obtenus dans la campagne précédente avaientprovoqué l’intérêt individuel, contrariant souvent le butgénéral.
La campagne de 1674 occupe un rang distinguédans l’histoire militaire. La défensive absolue, à laquellela France se vit réduite, tomba a une époque, à la-quelle un roi ferme se trouvait secondé par un ministreéclairé et actif, ainsi que par des généraux, que leurcélébrité avait fait chefs de parti dans les troubles civils,et qui comme tels avaient donné des preuves non équi-voques de la supériorité de leurs talens. D’une con-stellation si rare et si heureuse de caractère, d’intelli-gence et de génie, émana un système défensif, auquel