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soixante-cinq à soixante-dix mille. Plusieurs débatsamenèrent enfin auprès des généraux alliés la résolu-tion de s’approcher de l’armée française, d’en reconnaî-tre la position et de l’attaquer, si l’on croyait pouvoirle faire avec l’espérance de succès. Ils s’avancent le9 Août et prennent position entre Arquennes et Familleà Rœux aux environs de Sénef. Résolu d’y attendrel’ennemi le prince de Condé avait ajouté des retranche-mens à la force naturelle de son camp. Les alliés trou-vant l’armée française trop bien établie, substituent auprojet de l’attaquer celui de transporter le théâtre de laguerre vers le Hainault, où sous l’appui de leurs for-teresses ils se flattaient pouvoir faire le siège de quel-que place importante. Ils se mettent en marche le1 1 Août, se dirigeant sur Rinch. Condé voyant défilerleurs colonnes croit pouvoir entreprendre avec avantagesur leur arrière garde.
Il en résulta la bataille sanglante de Sénef, dont lesdeux partis s’attribuèrent la victoire. L’armée françaisereprit la position du Piéton. Les alliés se replièrent surMons et se placèrent le 1 3 entre St. Guillain et Valen-ciennes. Par la perte essuyée à la bataille l’activité desarmées fut suspendue pour un mois entier. L’arméefrançaise resta tranquille dans son camp de Piéton. Ledéfaut de fourrages et la nécessité d’être plus près del’ennemi, lorsqu’il recommencerait les opérations, enga-gèrent le prince de Condé à faire passer l’armée le22 Août à Ham sur l’Heure et le 23 à Russière. Lesvivres étaient tirés de Charleroi, dont les provisionsétaient renouvelées par des convois arrivant de l’inté-rieur par Rocroi et par Philippéville.
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