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Le prince d’Orange, ayant renforcé son armée detroupes tirées des forteresses, l’avait portée de nouveauà cinquante mille hommes, tandis que le prince de Condé,n’osant pas affaiblir les garnisons des places françaises,n’en avait que trente cinq mille à opposer. Les alliésayant délibéré plusieurs jours, s’ils devaient assiégerAth ou Oudenarde, se décidèrent enfin pour le siège dela dernière place. Us se mirent en marche le 12 Sep-tembre pour Blaton. Le 13 ils arrivèrent aux environsd’Ath, le 14 à trois lieues d’Oudenarde ; le 15 ils seplacèrent autour de cette place, que le prince de Condéétait bien résolu de dégager. Délivré de l’inquiétude,qu’il avait eue pour les autres forteresses, avant queles alliés se fussent déclarés par rapport à la place,dont ils voudraient faire le siège, il eut à son tour l’a-vantage de pouvoir renforcer son armée par une partiede leurs garnisons. Le 14 Septembre il marche de Bus-sière à Feignies, le 15 à Bavais, le 16 à Kiévrain, le17 à Perwetz, le 18 à Tournai, le 1 9 à Espières, le20 sur Oudenarde. Le prince d’Orange ne pouvant pasdisposer à son gré des troupes commandées par lecomte de Souches lève le siège le 21 Septembre. Le22 les alliés se retirent à Gand ; le 26 ils passent l’Es-caut pour camper entre cette rivière et la Dendre. Condés’empresse de faire raser tous les travaux des assiégeans,de pourvoir de nouveau la place de munitions de guerreet de bouche, et de donner des ordres pour la prompteréparation des fortifications endommagées par les en-nemis. L’armée française quittant les environs d’Ou-denarde est le 27 Septembre à Hauterive, le 30 àHenniers, le 2 Octobre à Ligne. Les alliés passant