Louis XIV. se doutant bien que ce fût à lui qu’onen voulait, prit l’initiative. Une armée de cent millehommes commandée par le dauphin parait sur le Rhinen 1688. L’on prend Philippsbourg, Mont-Royal,Mayence, Ronn et Kayserswerth. La révolution en fa-veur du prince d’Orange en Angleterre rendit la guerregénérale sur toutes les frontières du royaume en 1689.L’on se borna sur le Rhin à la guerre défensive. Pourla faciliter, l’on saccagea et mit en feu le Palatinat sanspouvoir cependant empêcher le duc de Lorraine, dereprendre Ronn et Mayence. La victoire du Spierebachremportée par le maréchal Lorges n’eut point de suites.Catinat, quoique très gêné dans ses moyens, fit la guerreavec succès en Italie. Ayant à lutter contre deux géné-raux habiles, contre le duc de Savoie et le prince Eu-gène, il gagne sur le premier la bataille de Staffarde,force les retranchemens près de Suze, prend Suze,Villefranche, Montalban, Nice, Veillane, Carmagnole,Montmélian. Remis à la défensive par la diminution deson armée il est contraint de se retirer en Dauphiné.Ayant reçu des renforts il reprend l’offensive et rem-porte contre Eugène la victoire de Marseille, sans ce-pendant pouvoir sauver Casai, dont l’ennemi faisait lesiège. Négociateur aussi habile que général consommé,il parvient en 1696 à détacher le duc de Savoie de lagrande alliance et d’en faire l’allié de Louis XIV.
L’on ne put faire que de faibles efforts du côté del’Espagne. Le maréchal de Noailles gagna une bataillesur les bords du Ter, prit Gironne et quelques petitesplaces.
Les Pays-Ras étaient le théâtre où se donnèrent