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les bords de la Dendre à la droite de Liekerke, quar-tier de M. de Castanaga. Les alliés ne pouvaient mar-cher aux lignes, qu’en prenant un chemin beaucoupplus long que celui que l’armée française avait à fairepour s’y rendre. Surveillés de près par M. de Luxem-bourg les alliés ne pouvaient se séparer en sa présence,pour marcher avec une partie sur la Sambre, sans cou-rir risque d’être battus les uns après les autres. Si pourobliger l’armée française à se retirer de Lessines, ils sefussent avancés à Léuze, ils y auraient manqué de four-rage et tout le pays depuis Dendremonde jusqu’aucanal de Bruxelles fût resté à découvert. Les subsis-tances pour l’armée française venaient de Tournai àEspières. et y passaient l’Escaut pour se rendre à Les-sines. Les convois étaient encore couverts par deuxbataillons et douze escadrons que le maréchal d’Humiè-res avait placés à Rottes sous les ordres de M. de Mau-lévrier. Les fourrages cependant devenaient à la fin trèsrares et la cavalerie fut obligée d’en chercher à cinq etsix lieues dans le pays ennemi. Pendant qu'il contenaitles alliés par la guerre de position, le maréchal de Lu-xembourg leur fit encore tout le mal que les circonstan-ces lui permettaient de faire. Campé à Blicqui il fit dé-molir par un détachement les murs de l’Abbaie de Cam-bron, pour que les ennemis n’en pussent faire unmoyen de défense dans le cas qu’ils voulussent y pren-dre position. Pendant son séjour à Lessines il fit ruinerles enceintes de Lessines, de Grammont et de Soignies,pour que les alliés n’y pussent mettre de troupes pen-dant l’hiver. 11 fit rompre les écluses qui servant à re-tenir les eaux de la Dendre pouvaient faire de cette