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dans les places espagnoles. M. de Waldeck avait pro-mis à M. de Castanaga de laisser environ 12,000 hom-mes d’infanterie et 1500 chevaux dans les grandesvilles des Pays-Bas et dans le pays de Liège, souscondition expresse que ces troupes ne sortiraient pointdes places, et qu’elles ne seraient destinées qu’à leurdéfense.
L’histoire fait l’honneur au maréchal de Luxem-bourg de le considérer comme disciple du grand Condéqui en toutes les occasions avait donné à ce généraldes marques d'amitié et de grande confiance. En 1690le duc de Luxembourg avait à peu près la même tâcheà remplir, dont l’accomplissement avait réclamé toutel’activité et tous les talens du prince de Condé en 1674sur le même théâtre de guerre. Il y a peut-être del’intérêt à faire la comparaison de conduite de ces deuxgénéraux du premier rang. La force des armées, dontle commandement leur à été confié, ainsi que celles desarmées ennemies qu’ils avaient en tête, furent prèsqueles mêmes. Le gouvernement avait prescrit à tous deuxla guerre défensive, à soutenir dans des momens favo-rables par des actions d’éclat. Le maréchal de Luxem-bourg avait sur Condé l’avantage d’avoir affaire auprince de Waldeck et non pas au prince d’Orange, etde n’être point gêné par des places que la paix de Nim-mègue avait données à la France et qui en 1674 entreles mains des Espagnols avaient tant compromis lesconvois. Condé et Luxembourg saisirent chacun lesavantages que l'initiative leur pouvait donner à l’ouver-ture de la campagne. Condé en tira parti pour faire sajonction avec l’armée que le maréchal de Bellefont lui