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amenait de la Hollande. Luxembourg mit ce temps àprofit pour mettre une partie de la frontière en sûretéen fourrageant les environs de Gand, et en livrant ba-taille au prince de Waldeck, avant que ce général pou-vait être joint par les troupes alliées. Entraîné à la ba-taille de Sénef, qu’il n’était point intentionné de livrer,Condé eut affaire à un ennemi d’un tiers plus nombreux,et quoique victorieux en apparence, il essuya une pertequi fut aussi considérable que celle, qu’il avait causéeà l’ennemi. A la journée de Fleurus, Luxembourg atta-qua le prince de Waldeck, dont l’armée n’était pas plusforte que la sienne, d’après un plan bien prémédité.La perte des vaincus y surpassa pour le moins quatre-fois celle des vainqueurs. En 1674 Condé fit prendreà son armée 33 positions différentes, tandis qu’en 1690Luxembourg n’en prit que 26, ce qui paraît prouverque le premier avait besoin de plus d’activité que lesecond. L’un et l’autre arrêtèrent les opérations enne-mies par le choix judicieux de leurs positions ; Condéà Thiméon, au Piéton et à Bussière, le maréchal de Lu-xembourg à Hainsies, Blicqui et Lessines. Condé n’eutaucun moyen de sauver Graves inaccessible à l’arméefrançaise, mais il dégagea Oudenarde. L’inactivité duprince de Waldeck, intimidé par la perte de la bataillede Fleurus, mit les places françaises hors d’insulte.
En 1691 Louis XIV. prenant l’initiative mit en per-sonne le siège devant Mons, dont la garnison sortit dela place le 10 Avril. Le duc de Luxembourg, comman-dant l’armée après le départ du roi, déjoue par laguerre de position tous les projets des ennemis, et trou-vant vers la fin de la campagne une occasion favo-