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échouer l’entreprise en faisant passer en Ecosse unnombre considérable de troupes. Le prétendant arrivéaux côtes ne vit point les signaux, dont on était con-venu. Il fallut retourner à Dunkerque. Forbin fut as-sez heureux de sauver la flotte contre cinquante vais-seaux de guerre que les Anglais avaient en mer. Pourréparer tant de pertes, Louis XIV. porta l’armée deFlandre à cent mille hommes, et mit à sa tête le duc deBourgogne aidé des conseils du maréchal de Vendôme.Les affaires n’en allaient pas mieux ; les conseils d’ungénéral éprouvé ne rencontraient pas la prompte con-fiance, que le bien des affaires aurait exigé. - Des dis-cussion frivoles amenèrent l’indécision et une perte detemps irréparable. L’on fit des marches et des contre-marches inutiles, l’on essuya un échec près d’Oudenardeet avec une armée moins nombreuse Marlborough, sepassant des conseils d’autrui, parvint à assiéger et pren-dre Lille en 1708.
Le prince Eugène, dirigeant les affaires de son maî-tre en général et en ministre, avait senti la nécessité defrapper des coups décisifs dans les Pays-Bas, et au lieude songer à la conquête directe de l’Alsace il dirigeaune partie considérable de l’armée impériale sur lethéâtre de la guerre ou Marlborough faisait briller sestalens. Eugène couvrait le siège de Tournai, dont legénéral anglais s’était chargé. Après la prise de cetteplace les deux illustres associés de gloire se dirigèrentsur Mons. Dans un danger si pressant Louis XIV. confiale commandement de l’armée de Flandre à Villars quis’avançant vers l’ennemi fait prendre à l’armée fran-çaise position à Malplaquet. Le i l Septembre en 1709